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25 juillet 2016

Arsène Duc, l'homme à la baguette

Directeur de la fanfare l’Ancienne Cécilia de Chermignon (VS), récemment auréolée d’un titre de champion suisse, Arsène Duc soigne la relève. Il a animé mi-juillet un camp musical pour les jeunes sur l’alpe.

Arsène Duc a emmené sa musique - et sa baguette! - dans la montagne, à Crans-Montana (VS).

Solfège dans la montagne

Chef de service à l’Etat du Valais, Arsène Duc, il faut dire, est plus connu comme directeur de l’Ancienne Cécilia, la fanfare de Chermignon récemment couronnée championne suisse dans la catégorie «brass band excellence».

Ancienne, parce qu’il y a aussi la Cécilia tout court. A Chermignon, comme souvent dans les bourgades valaisannes, on se paie le luxe de deux fanfares. Politique oblige. Sauf qu’ici les fanfarons ne se divisent pas entre conservateurs et radicaux, mais entre Jaunes et Blancs. «Des clans, des partis non pas politiques mais de familles, avec pendant longtemps deux bistrots, deux banques, deux épiceries, et chacun sa fanfare, comme porte-drapeau. Aujourd’hui cet aspect clanique s’est un peu perdu.»

Pour expliquer le succès et l’excellence de cette formation, Arsène Duc évoque d’abord la tradition: «En Valais, et particulièrement à Chermignon, on a toujours eu d’excellents musiciens, il y a toujours eu cette culture du cuivre.» L’armée, aussi, a pu jouer son rôle: «Nous avons eu pas mal de trompettes militaires, c’était très porteur, on pouvait faire l’école de recrues dans la fanfare, on apprenait beaucoup de choses.» Enfin, dernier élément, «cette saine rivalité avec la Cécilia, qui nous fait progresser».

Une journée avec Arsène Duc

Déjeuner en bonne compagnie

7h Petit-déjeuner

«Ce camp musical pour les jeunes de notre fanfare existe depuis trente-huit ans. Il a lieu sur le domaine skiable de Crans-Montana (VS) et les participants dorment dans la cabane du ski-club Montanin. Ils se réveillent à 6 h 30, je déjeune avec eux.»

Les musiciens s'échauffent

8h Echauffement

«C’est l’heure de l’échauffement qui se fait par groupes: les trois altos ensemble, les quatre trombones ensemble, etc. Les jeunes sont toute la journée avec leur instrument. Ensuite, ils ont une lecture à vue: on leur donne une partition, ils doivent travailler cela pendant trois quarts d’heure et passent ensuite un par un, en solo, devant un professeur.»

Une baguette fétiche

13h La baguette

«Elle a quelques années de vol, je ne suis pas du tout superstitieux, mais c’est quand même une baguette fétiche. Le directeur n’arrive à rien s’il n’a pas des musiciens de bon niveau. C’est la 28e année que je dirige cette fanfare et le camp musical en est la preuve: nous travaillons pour la continuité, c’est une des bases de nos succès.»

Euphonium

L'instrument

«Avant de diriger, je jouais de l’euphonium, qui est une espèce de petite basse. C’est un peu une tradition dans la famille. Mon grand-père en jouait déjà. Mon père en joue toujours et mon fils s’y est mis.»

Les musiciens en répétition.

16h Répétition générale

«Après le dîner, les jeunes travaillent quelques morceaux en petits groupes. Dès 16 h, tous les instruments sont réunis et c’est carrément une répétition générale. La fanfare, ce n’est pas que boire des verres. Si avant ils n’avaient guère le choix qu’entre le foot et la fanfare, les jeunes aujourd’hui ont beaucoup de possibilités, de l’équitation à l’haltérophilie en passant par le karaté. Nous devons donc proposer quelque chose de sérieux.»

Une famille de musiciens

17h En famille

«Mon père joue toujours dans la fanfare, il a 76 ans, c’est le plus ancien membre de la société. L’année où mon fils Valentin est entré dans la société, une personne a commandé un morceau qui s’appelle Les trois générations, écrit exprès pour l’occasion et que nous avons exécuté en trio, mon père, mon fils et moi. Ma fille Aline joue également dans l’Ancienne Cécilia.

Texte: © Migros Magazine | Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Isabelle Favre