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7 janvier 2013

L’homme au vacherin d’or

Double médaillé aux derniers World Cheese Awards, Vincent Tyrode voit à L’Auberson la consécration d’un long chemin acharné vers la qualité.

Vincent Tyrode
Vincent Tyrode: «J’aime le vacherin. Un produit noble, serti de bois, qui est aussi l’un des derniers fromages saisonniers que les gens se réjouissent de retrouver en septembre.»

Vincent Tyrode a beau être Français et habiter L’Auberson, son vacherin Mont d’Or a quand même reçu la médaille d’or mondiale catégorie fromages AOC et le bronze parmi les pâtes molles au lait de vache. Son gruyère, lui, a été couronné comme le meilleur des pâtes dures lors de ces derniers World Cheese Awards de Birmingham.

De sacrées récompenses, arrachées au milieu de... 2800 produits concurrents. Le destin fromager aurait plutôt dû mener cet originaire du Haut-Doubs voisin à fabriquer du comté. «Le hasard a fait qu’après un détour par Lyon, je suis venu ici d’abord comme ouvrier, avant de reprendre la fromagerie il y a douze ans. Nous en sommes devenus propriétaires il y a deux saisons», sourit ce solide montagnard de 38 ans.

L’idée de faire du vacherin ici vient de Vincent Tyrode lui-même. «En raison de la surproduction laitière, mais surtout parce que c’est l’un de mes préférés. Un produit noble, serti de bois, qui est aussi l’un des derniers fromages saisonniers que les gens se réjouissent de retrouver en septembre.» Et jusqu’au 15 mars exactement, comme le stipule le strict règlement de l’AOC, regroupant à peine treize producteurs impérativement répartis entre vallée de Joux et Jura vaudois.

Et à ceux qui s’étonneraient quand même de l’association entre vacherin et hauteurs de Sainte-Croix, notre lauréat rappelle «qu’il y a vingt ans, toutes les fromageries du Jura vaudois en fabriquaient». Mais ça, c’était avant les fondements et la réussite d’une appellation contrôlée partagée par seulement cinq autres fromages en Suisse. Avant, aussi, le passage au lait thermisé qui, selon le producteur de L’Auberson, ne nuit nullement au goût tout en offrant une constante de qualité impossible à obtenir avec le lait cru. Victoire concluante, non?



La famille, le plus important aux yeux de Vincent Tyrode.(Photo: LDD)
La famille, le plus important aux yeux de Vincent Tyrode. (Photo: LDD)

Le plus important

«Ma vie de famille. Je me suis marié en 2000, j’ai trois enfants et leur présence me donne l’énergie nécessaire au quotidien pour développer ma petite entreprise.»



Le téléphone portable, un objet indispensable au travail du fromager.
Le téléphone portable, un objet indispensable au travail du fromager.

L'objet qui ne me quitte jamais

«Mon téléphone portable. Je ne suis pas du tout gadgets électroniques, mais entre les travaux qui s’achèvent et les sept mois intenses du vacherin, je l’utilise en permanence. Et dois en changer régulièrement tellement je le malmène…»



Vincent Tyrode est passionné de ski de fond.
Vincent Tyrode est passionné de ski de fond.

Un hobby

«Le ski, de fond bien sûr. Je ne pratique pas autant que j’aimerais, mais cette région est vraiment idéale pour cela. Enfin, quand il y a suffisamment de neige…»



Vincent Tyrode est sous le charme du Sénégal. (Photo: Istockphotos)
Vincent Tyrode est sous le charme du Sénégal.(Photo: Istockphotos)

Lieu de vacances de rêve

«Le Sénégal. J’y suis déjà allé une fois, et j’ai trouvé les gens et les paysages merveilleux. C’est une tout autre culture, très riche, dont je poursuivrais la découverte avec joie.»



Le vin, une vieille passion de Vincent Tyrode. (Photo: Istockphotos)
Le vin, une vieille passion de Vincent Tyrode.(Photo: Istockphotos)

Une gourmandise

«Le vin! C’est une vieille passion, que j’approfondis surtout avec du rouge et du français, notamment ceux de la vallée du Rhône, parce que c’est ce que je connais le mieux. Mais je me suis mis aux vins suisses, il y a des choses merveilleuses.»

Auteur: Pierre Léderrey