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21 novembre 2016

L’odeur de la poignée de main

Lorsqu’ils se rencontrent, les chiens se hument délicatement la truffe et l’arrière-train. Pour savoir à qui ils ont affaire.

Illustration symbolique de la pensée
la chronique d'Isabelle Kottelat

De là à penser que les hommes font pareil lorsqu’ils se serrent la main, il n’y a qu’un pas! Que l’on peut allègrement franchir depuis l’étude d’une équipe de chercheurs en sociologie de l’Institut Weizmann, en Israël. Selon ces scientifiques, l’habitude de se serrer la main sert bien plus qu’à dire bonjour.

Grâce à une caméra, ils ont observé le comportement de 280 étudiants et ont remarqué qu’après avoir serré la main d’une autre personne, ils se touchaient le visage avec leur propre main. Proche du nez. Et d’ailleurs bien plus souvent encore lorsqu’ils avaient salué une personne du même sexe.

Ils en ont déduit que, comme les chiens, les mammifères humains cherchaient à obtenir des informations sur le statut de l’autre, à savoir qui était le dominant ou le dominé, son état de santé même, sa force. Bref à pouvoir se comparer socialement.

La différence d’avec les animaux, c’est que les hommes se hument mutuellement de manière diplomate et déguisée. Mais ils le font quand même!

Certains participants ont été équipés de moniteurs nasaux qui ont confirmé qu’ils reniflaient bien leurs mains quand ils les ap­prochaient de leur nez après le «shake hand». Le volume d’air inhalé est plus important quand une personne recherche une odeur que lorsqu’elle respire normalement.

Texte: © Migros Magazine | Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat