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9 décembre 2013

L’or des champs

La culture biologique du colza constitue un grand défi. C’est pourquoi Migros finance des projets de recherche visant à promouvoir son développement.

colza
Beau mais fragile: le colza bio doit être protégé des nuisibles par des moyens naturels.

Les champs de colza jaune vif scintillant sous les rayons du soleil sont sans conteste l’un des plus beaux spectacles qu’offre le printemps. Au terme de la floraison, la plante se métamorphose: les fleurs fécondées se transforment en gousses dans lesquelles se développent les graines. Ce sont ces dernières qui, après la récolte, seront pressées pour élaborer l’huile couleur or.

Désormais, Migros propose de l’huile de colza suisse Bio. Plus précisément, celle-ci porte le label Migros Bio Reconversion puisque lors du pressage, le colza bio est mélangé avec celui des exploitations en phase d’adaptation. Mirjam Sacchelli, spécialiste de l’agriculture durable à Migros:

Lorsqu’un producteur décide de passer à la culture biologique, il entreprend un processus de conversion qui dure deux ans, explique Pendant cette période, il est tenu de respecter les directives bio mais n’est pas autorisé à vendre ses produits sous le label correspondant. Or, grâce à l’appellation Reconversion, nous pouvons déjà proposer aux paysans concernés un prix plus élevé.»

Le colza fourni à Migros provient de la coopérative Biofarm. Cette dernière joue un rôle pionnier en Suisse dans la culture et la commercialisation d’oléagineux bio tels que le colza et le tournesol. Migros s’est engagée à se procurer ces produits auprès d’elle pendant au moins trois ans, offrant ainsi aux paysans des perspectives à long terme.

Un soutien dans la lutte contre les méligèthes

Ce n’est pas tout: le distributeur finance en outre la recherche scientifique dans le domaine de la culture biologique du colza. «Etant donné que l’usage de produits phytosanitaires chimiques est proscrit dans l’agriculture bio, le risque de perdre une récolte est plus élevé que dans l’agriculture conventionnelle», précise encore Mirjam Sacchelli.

Le colza est considéré comme une culture à risque. Les méligèthes, notamment, représentent un grand danger pour la plante. Ces insectes de seulement deux millimètres peuvent en effet faire des ravages en cas d’invasion. C’est pourquoi l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) et la station fédérale Agroscope, en partenariat avec Biofarm, s’investissent dans la lutte contre ces nuisibles.

Ces deux organismes réputés proposent néanmoins deux approches distinctes:

Agroscope étudie l’effet de certains champignons sur les méligèthes. De son côté, le FiBL teste le parfum de végétaux qui pourraient désorienter les insectes grâce à leur forte odeur.»

La station fédérale tente en outre de déterminer quelles sont les variétés les plus productives et les zones les plus propices à la culture du colza. «Biofarm utilise ces résultats pour conseiller les agriculteurs intéressés. Ces derniers peuvent ainsi optimiser leur mode de faire et augmenter leurs volumes dans le respect des directives bio», explique Mirjam Sacchelli.

Auteur: Andreas Dürrenberger

Photographe: Getty Images