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12 septembre 2016

L’ultrasolution ou l’art de se planter

Vous cherchez comment échouer à coup sûr? C’est facile, c’est d’ailleurs ce qu’on fait de mieux au quotidien comme en politique. Il suffit de chercher midi à quatorze heures ou le mieux qui, comme diraient nos sages grands-mères, est l’ennemi du bien.

Montage photo sympbolisant la pensée et l'insconscient
«Le saviez-vous?», la chronique d'Isabelle Kottelat.

Ou encore viser l’ultrasolution, comme l’a nommée le psychothérapeute et sociologue Paul Watzlawick. Ces remèdes extrêmes qui tuent non seulement le problème, mais tout ce qui gravite autour. Comme dans une vieille plaisanterie:

Opération réussie, patient décédé.»

L’ultrasolution ne résout pas les problèmes, elle cherche à les annuler.

Ces ultrasolutions, on les voit partout, ainsi que leurs ravages. Elles visent les extrêmes, genre le risque zéro, telle que la prohibition aux Etats-Unis visant à résoudre le problème de l’alcoolisme et où on n’a
jamais autant consommé d’alcool que pendant qu’il était interdit.

L’ultrasolution part souvent d’une bonne intention, celle de faire le bonheur des autres malgré eux. C’est la dictature du bien, selon Paul Watzlawick. Le bonheur imposé à la manière socialiste, communiste, nationaliste ou dictatoriale.

Quand on croit savoir ce que l’autre pense et qu’on lui impose son remède bien-pensant. Toutes ces solutions manichéennes où il y a d’un côté les gagnants et de l’autre les perdants. Rien d’autre. Une pensée rétrécie. La solution, la vraie, existe souvent à l’intersection des deux, et dans l’avancée à petits pas.

Texte: © Migros Magazine / Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat