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29 septembre 2016

L’uniforme se décline au féminin

Efficaces et déterminées, les femmes occupent aujourd’hui une place importante dans les forces de l’ordre. Sur le terrain, en uniforme, et surtout sans complexes. Ce qu’elles recherchent dans leur métier? L’adrénaline et l’imprévu.

Trois femmes, trois gardes-frontière. Une même passion pour l’imprévu.
Trois femmes, trois gardes-frontière. Une même passion pour l’imprévu.

Alors qu’il y a une trentaine d’années, les femmes ne portaient ni l’uniforme de police ni celui de garde-frontière, elles sont de plus en plus nombreuses à rejoindre les rangs des forces de l’ordre avec une motivation évidente. Efficaces, déterminées, sans complexes, elles n’hésitent pas à troquer les talons hauts contre le lourd ceinturon et assurent le job. Comme des hommes.

Qualités féminines recherchées

«Si on appliquait les mêmes critères qu’autrefois, être Suisse, avoir fait l’armée et avoir moins de 28 ans, on n’aurait aucune femme. Mais la société évolue, il faut s’adapter et les critères ont changé», observe Robert Paillard, responsable de l’école d’aspirants à Colombier. Qui se réjouit de cette évolution:

C’est une présence nécessaire aujour­d’hui. La pédagogie et l’empathie féminines permettent de désamorcer certains conflits et de calmer le jeu, dans les cas de violence conjugale par exemple. Leur sensibilité est précieuse notamment dans la prise en charge d’enfants dans les affaires pénales.»

Un petit tiers des aspirants de police est donc désormais composé de femmes à Neuchâtel, un pourcentage qui se retrouve dans la plupart des autres cantons romands. Pourtant, pas de quota. D’où quelques fluctuations d’effectifs d’une année à l’autre: «Il ne s’agit pas d’être discriminatoire. Le critère principal reste les compétences. Plus que les gros bras, on recherche les têtes bien pleines! Le Valais recrute entre douze et quinze agents par année, dont un tiers de femmes. Et les candidates retenues ont souvent les meilleurs dossiers», répond Jean-Marie Bornet, chef information et prévention de la police valaisanne.

Un travail varié qui séduit

Dans les postes de douane, même discours, puisqu’on y encourage ouvertement les candidatures féminines. «C’est un autre regard, d’autres idées, une grande perspicacité dans les contrôles. Plus personne ne se dit que ce n’est pas un métier de femme ou qu’il ne veut pas être commandé par une femme», analyse Alain Neukomm, responsable de la formation des gardes-frontière pour la région Neuchâtel-Jura. Sur l’ensemble du territoire suisse, l’effectif féminin a tout simplement doublé en dix ans, passant de 5,6% en 2007 à 12,5% en 2016 (source: Administration fédérale des douanes AFD).

Alain Neukomm, garde- frontière, valorise l’engagement des femmes.
Alain Neukomm, garde- frontière, valorise l’engagement des femmes.

Un métier qui a beaucoup évolué avec l’espace Schengen, offrant une grande diversité de services, des contrôles mobiles dans les trains, sur les lacs ou les avions.

«C’est peut-être cette variété qui séduit les femmes. On offre aussi la possibilité de temps partiels, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Le sexe ne joue aucun rôle.»

Même formation et même offre de carrière, puisqu’on trouve désormais des femmes aux plus hauts postes de responsabilité, que ce soit dans les forces de l’ordre ou les postes de douane. Pour preuve, la cheffe de section de la police scientifique valaisanne est une femme et le remplaçant du chef des gardes- frontière est une colonelle! 

Textes: © Migros Magazine - Patricia Brambilla

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Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: François Schaer