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13 février 2012

La banalité dépasse la fiction

Portrait de Marie-Thérèse Porchet née Bertholet.
Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet.

Vous regardez la nouvelle série de la TSR, CROM, à 20h10 le samedi? Ça se passe dans le milieu des ordures ménagères et des déchets. Les héros sont éboueurs. Rien que dans les deux premiers épisodes, on a droit à une rupture, un licenciement et un suicide. Il n’y a pas à dire, la TSR a le don pour nous remonter le moral en ces temps de crise. Ils auraient mieux fait d’appeler ça Poubelle la vie!

Avec Jacqueline, on préfère regarder un feuilleton beaucoup plus rigolo: les présidentielles françaises! Les personnages sont à pisser de rire. Mais alors techniquement, c’est pas au point. Un dimanche soir, ils ont diffusé l’épisode du petit nerveux en direct sur six chaînes en même temps! Et puis ce qui est un peu lassant, c’est cette éternelle opposition gauche-droite: toute décision de la droite est rejetée par la gauche, toute proposition de la gauche est condamnée par la droite. Irrévocablement.

Au point que si François Hollande, sur un coup de folie, invitait ses partisans à voter Sarkozy, toute la droite se mobiliserait pour dire à quel point c’est une mauvaise idée! Cette manie d’accuser le camp d’en face de tous les maux confine parfois au ridicule. Le parti socialiste a même dû empêcher Arnaud Montebourg de tenir une conférence de presse pour expliquer que la vague de froid polaire qui s’est abattue sur l’Europe a été orchestrée par l’UMP! Faut pas confondre bling bling et gla gla!

C’est sûr, les Romands suivent de près la politique française, ils écoutent le président, commentent ses discours, connaissent le nom de ses ministres. Alors qu’un Français à qui vous dites «Widmer-Schlumpf» se contente de vous répondre «à vos souhaits!»

Il faut dire qu’à Paris, ils ont des affaires d’Etat, des vrais scandales financiers: les valises de billets d’Eric Woerth, les millions de Bernard Tapie, les rétrocommissions de Balladur… Nous, à Berne, on a quoi? Les opérations de change de madame Hildebrand! Et son mari qui nous annonce l’air contrit qu’il ne savait pas qu’il était au courant. Ce qu’on appelle un dépit d’initié!

Pour faire prospérer la BNS, je ne vois plus que madame Perruchoud, ma voisine du dessous: pas de poitrine, mais richissime, on l’appelle la planche à billets!

Auteur: Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet