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21 mai 2013

La Côte d'Azur autrement

Au-delà de la bronzette et des paillettes, la Riviera française regorge de richesses à côté desquelles il serait dommage de passer. Quelques pistes pour mieux l’apprécier, entre culture, nature et authenticité.

Côte d'Azur
Le chemin des Douaniers présente un relief parfois accidenté. Si le soleil tape trop fort, il est souvent possible de se réfugier à l’ombre d’un pin ou de piquer une tête dans la Méditerranée. (Photo: Tania Araman)

Une balade au fil de l’eau

D’un côté, la mer qui vient taquiner les rochers, de l’autre, les riches villas et les maisons pittoresques. Créé sous la Révolution par l’administration des douanes pour surveiller les côtes, le chemin des Douaniers, offre la possibilité aux amoureux de la marche de longer la Méditerranée, notamment de Nice à Menton. Empaquetez votre pique-nique (à déguster sur une plage croisée au détour du chemin ou à l’ombre d’un pin, face à la Belle Bleue), enfilez votre casquette (le sentier étant bien souvent exposé aux rayons d’Hélios) et lancez-vous (de préférence en début de matinée ou en fin de journée)! L’idée n’étant pas d’effectuer le parcours dans son intégralité, mais plutôt de vous balader au gré de vos envies et de vos possibilités.

Le sentier littoral traverse plusieurs petites villes accessibles en transports publics. Et pour apprécier au mieux cette promenade, munissez-vous du guide* publié en 2012. De la pointe des Sans-Culottes – un endroit qui aurait joué un rôle important lors de la Révolution française – au «Modulor» – une cabane construite par Le Corbusier – en passant par la villa «Nellcote» où les Rollings Stones enregistrèrent leur album «Exile on main street», (Ecouter un extrait sur YouTube) vous y trouverez mille et une anecdotes. Côté paysages, petit coup de cœur pour le tronçon situé entre Cap-d’Ail et Monaco.

* A lire: «D’un cap à l’autre. Sur le sentier des douaniers entre Nice et Menton», Pierre Dévoluy et Pierre-Yves Reichenecker, Maison d’édition Baie des Anges.

Des villages haut perchés

Eze-Village, une destination incontournable lors d’un séjour sur la Côte d’Azur. (Photo: Fotofinder)
Eze-Village, une destination incontournable lors d’un séjour sur la Côte d’Azur. (Photo: Fotofinder)

Au Moyen Age, ces charmantes petites bourgades nichées sur des pitons rocheux et entourées de remparts permettaient aux populations de se protéger en cas d’attaques ennemies. Aujourd’hui, les villages perchés offrent la possibilité au voyageur de quitter un instant le bord de mer pour se réfugier sur les hauteurs.

Peillon et son moulin à huile, Gorbio et sa chapelle des Pénitents Blancs, Roquebrune et son olivier millénaire (pour n’en citer que quelques-uns): vous aurez l’embarras du choix. Certes très fréquenté en été, Eze-Village demeure une destination incontournable: au-delà du charme de ses ruelles pavées, le panorama sur les côtes de la Méditerranée est à couper le souffle et, autour des ruines du château, le jardin exotique regorge de trésors botaniques.

Quant aux amateurs de senteurs, ils pourront visiter (gratuitement!) l’usine de la parfumerie grassoise Fragonard. A noter qu’il est possible d’accéder au village en empruntant depuis Eze-sur-mer le sentier Nietzsche (le philosophe allemand aurait été hébergé dans le coin durant son séjour à Nice): comptez une heure à une heure et demie de montée et évitez les heures trop chaudes de la journée.

Un petit parfum d’Italie

Menton vaut ledéplacement pour le cachet de sa vieille-ville. (Photo: Keystone/Photononsto/Nicolas Thibaut)
Menton vaut le déplacement pour le cachet de sa vieille-ville. (Photo: Keystone/Photononsto/Nicolas Thibaut)

Davantage connue pour les citronniers et les orangers qui jalonnent ses rues (la fête du Citron est d’ailleurs célébrée chaque année en février), Menton vaut également le déplacement pour le charme de sa vieille-ville, bâtie à flanc de colline. Y règne un délicieux parfum d’Italie – certains commerces affichent d’ailleurs leurs enseignes dans la langue de Dante: après tout, la frontière est toute proche – et l’on se perd volontiers dans le dédale de ses ruelles tortueuses et de ses multiples escaliers. Admirant au passage les vieilles maisons aux teintes ocre délavées, aux fenêtres desquelles le linge est étendu. Ici, le temps semble s’être arrêté.

Si vous avez le cœur bien accroché (la grimpette, bien que courte, est assez ardue), n’hésitez pas à monter jusqu’au cimetière du Vieux Château. Vos efforts seront récompensés puisque, depuis cette esplanade, vous jouirez d’une vue imprenable sur la vieille-ville et la mer en contrebas. Et avant de repartir vers d’autres horizons, ne manquez pas de visiter le musée Jean Cocteau.

L’œuvre de Jean Cocteau imprègne la région dont il était épris. (Photo: ullstein bild/Roger-Viollet/Bernard Lipnitzki )
L’œuvre de Jean Cocteau imprègne la région dont il était épris. (Photo: ullstein bild/Roger-Viollet/Bernard Lipnitzki )

La Côte de Cocteau

Amoureux d’art, de cinéma, de poésie, lancez-vous sur les traces de Jean Cocteau, vous serez servis! L’œuvre de l’illustre Français imprègne en effet la région, dont il était épris. A Menton, deux musées lui sont dédiés: dans celui du Bastion, un vieux fortin du XVIIe siècle qu’il a lui-même agencé, on peut découvrir son univers au travers de peintures, de mosaïques et de céramiques. Plus récente, la collection Séverin Wunderman s’attache davantage à retracer son parcours de cinéaste et de dramaturge. On peut également visiter la salle des mariages de la mairie que l’artiste a lui-même décorée.

Le pèlerinage se poursuit à Villefranche-sur-Mer, dans une petite ville limitrophe de Nice, où l’incontournable chapelle Saint-Pierre exhibe de grandes fresques murales dessinées par Cocteau. Un délice pour les yeux! Les vrais mordus profiteront de leur passage pour visiter la rue Obscure, où le cinéaste tourna l’un de ses chefs-d’œuvre, «Le sang d'un poète». A noter que même sans avoir vu le film, cette rue couverte de 130 mètres datant de 1260 vaut le déplacement, ne serait-ce que pour l’atmosphère moyenâgeuse qui s’en dégage. Citons encore à Saint-Jean- Cap-Ferrat la Villa Santo Sospir que Jean Cocteau décora de fresques, de tapisseries, de céramiques… Attention, il est nécessaire de prendre rendez-vous pour la visiter.

Visionner un extrait de «Le sang d'un poète». ( Source Youtube/Canal João Carlos Rodrigues)

Auteur: Tania Araman