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25 mars 2013

La dame de fer

Amoureuse de la fonte, Christel Ortega n’en finit pas de soulever des poids. Et de décrocher des médailles. Echauffement d’une championne du monde de powerlifting, à Vaulion (VD).

Christel Ortega levant une haltère
Christel Ortega: «Je veux toujours arriver à me dépasser.»

Petite déjà, elle admirait les corps sculptés. Ceux de Schwarzenegger ou de Cory Everson, bodybuildeuse américaine, tapissaient les murs de sa chambre. Et, très vite, elle a couru les salles de fitness. «J’ai toujours été charpentée, je n’ai pas le physique d’une danseuse classique», rigole celle qui avoue plus facilement son âge que son poids.

Christel Ortega est devenue aujourd’hui une des femmes les plus fortes de Suisse, puisqu’elle soulève à chaque entraînement plusieurs tonnes de fonte. Sa passion? Le powerlifting ou force athlétique, un sport qui s’apparente à l’haltérophilie et qu’elle partage avec son mari, président de la Fédération suisse de powerlifting.

Monsieur s’entraîne le soir, après le travail, Madame le matin, trois fois par semaine, quand leurs filles sont à l’école. Vélo, stepper, haltères, de quoi faire gonfler les pectoraux, les triceps, les fessiers et tous les autres muscles cachés de l’anatomie. En neuf ans, le couple de colosses a décroché plus de quinze médailles d’or mondiales et Christel Ortega a même battu un record l’an passé dans sa discipline, le développé-couché, en arrachant 106 kg de fonte aux biceps d’une Irlandaise.

«Je veux toujours arriver à me dépasser. Si je n’ai pas de courbatures le matin, je me dis que je n’ai pas assez travaillé. J’aime éprouver mon corps, c’est comme ça que je me sens vivante.» Des victoires qui s’obtiennent par un moral d’acier, un entraînement de Sisyphe et un régime hyper-protéiné, oméga 3-6-9, spiruline et antioxydants «pour graisser l’intérieur des articulations».

Mais pas de dopage. «Sinon, on est exclu de la fédération à vie et tous les titres sont retirés.» Elle s’échauffe déjà pour le championnat suisse de Bâle, le 30 mars prochain. Et, surtout, pour les mondiaux en juin, à Anvers. «J’y vais pour gagner. Je pars toujours dans cette optique!» On la croit sur parole.

Christel Ortega en quelques mots

Un T-shirt comme grigri
Un T-shirt comme grigri.

Mon fétiche
«C’est un t-shirt qui me suit dans toutes les compétitions. Je le portais quand j’ai gagné mon premier titre de championne du monde en 2004. Depuis, il est toujours avec moi, dans mon sac, quand je suis en tournoi. Un peu comme un grigri.»

A quelques brassées seulement de la surface, une nature haute en couleurs.Photo: Istockphoto
A quelques brassées seulement de la surface, une nature haute en couleurs.Photo: Istockphoto

Mon hobby
«J’adore le snorkling. La première chose que je fais en arrivant au bord de la mer, c’est d’aller voir ce qu’il y a sous l’eau! J’en ai fait en Grèce, en Espagne, dans le Sud de la France. J’ai même essayé en Guadeloupe, c’était juste magnifique! On se serait cru dans un aquarium, avec des poissons de toutes les couleurs et des coraux.»

Toute une collection de poids
Toute une collection de poids.

Mes haltères
«Je m’échauffe progressivement, en faisant d’abord des séries à vide avec la barre de 20 kg, puis je passe à 40 kg, 70 kg… J’entraîne toujours deux groupes musculaires, mais jamais le bas et le haut du corps en même temps. J’aime mieux travailler avec les poids libres qu’avec les machines. A chaque entraînement, je soulève plusieurs tonnes!»

Christel Ortega a toujours ses filles près d'elle!
Christel Ortega a toujours ses filles près d'elle!

Mes tatouages
«A la naissance de ma première fille, je me suis fait tatouer un dragon sur le pied avec son prénom en chinois. Quand ma deuxième fille est née, j’ai ajouté son nom. Je porte également leurs deux prénoms en français à l’intérieur de mes poignets.»

Même une sportive comme Christel Ortega se permet du chocolat de temps en temps. (Photo:Istockphoto)
Même une sportive comme Christel Ortega se permet du chocolat de temps en temps. (Photo:Istockphoto)

Mon péché mignon
«Le chocolat sous toutes ses formes! Si on veut me faire plaisir, il faut m’offrir une plaque de chocolat au lait. Mais je me maîtrise, je n’en mange pas plus d’une fois par semaine.»

Ma passion
«Il faut être pugnace, constant et aimer avoir mal pour faire ce sport. Mais il faut savoir aussi se ménager des temps de repos, ce que nous avons beaucoup de peine à faire, mon mari et moi. Ce sport est une vraie passion, une drogue aussi, peut-être.»

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Mathieu Rod