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11 août 2014

La double vie de Sylviane Röösli

Depuis trois ans, la comédienne neuchâteloise incarne Miss Sulfuric, un personnage burlesque aussi extravagant que touchant.

Sylviane Rössli en costume de scène burlesque
Miss Sulfuric: «La scène, c’est parfois violent, il faut savoir tenir ses émotions.»

Le jour où elle interprète une meneuse de revue, Sylviane Röösli a une illumination: «Après dix ans de théâtre, j’avais envie de créer mon monde. J’ai pensé: pourquoi ne pas faire un show d’effeuillage?

Le burlesque offre un énorme espace de liberté, tout comme le chant, la danse, l’humour et le discours décalé.»

Elle crée alors la Compagnie Chambre Noire, qui monte des spectacles pluridisciplinaires dans des lieux inhabituels, ainsi que le personnage de Miss Sulfuric, avec ses coiffures démesurées, ses faux cils et sa fragilité à fleur de corset. «Sulfuric, c’est sulfureuse, mais avec une pointe d’acidité un peu piquante. Puis j’ai pensé à «Lady», mais je me suis dit que quand Miss Sulfuric aurait pris de l’âge, elle serait contente d’être encore une demoiselle!»

Depuis trois ans, elle partage ainsi avec son personnage sa passion des animaux empaillés – «Petite, je voulais être taxidermiste» – , de la nature – «Je peins des herbiers, c’est kitsch à souhait mais ça me fait un bien fou. C’est drôle, parce qu’en plus Röösli veut dire petite rose… en suisse allemand» –, des tenues de princesse et des accessoires improbables telle cette guitare cigar box à trois cordes créée par son ami.

Miss Sulfuric, c’est un prolongement de moi-même; au travers d’elle, je me sublime.»

Elle aime raconter ses histoires et les partager avec son public. Sous le maquillage, les coiffures et les culottes à froufrous, Miss Sulfuric n’hésite pas à s’effeuiller l’âme en faisant ce qu’elle sait faire de mieux: aimer.

Une journée avec Miss Sulfuric

8 h 00: réveil gourmand
«Tous les matins, j’aime boire un thé. J’ai la chance de pouvoir l’accompagner d’une crème Budwig avec des fruits, préparée par mon ami. Puis je pars me promener environ 1 h avec mon chien, c’est le seul moment où je prends du temps pour moi.»

le thé et la crème Budwig sur une table.
Un départ sain dans la journée

10 h 30: étirements et concentration
«En période de spectacle, surtout, je fais du yoga pour me préparer physiquement et psychiquement. Cela m’aide beaucoup à gérer le stress. Je ne le fais pas spécialement bien, mais ça me fait du bien.

Sylviane Röösli en train de faire une pose de yoga.
Le yoga demande une bonne concentration.

11 h 30: l’appel du devoir
«J’ai beaucoup d’obligations administratives et je consacre en moyenne environ 2 h chaque jour à la pape­rasse. Je mange en général sur le pouce, en essayant quand même de me préparer un truc sain.»

Sylviane Rössli occupée devant son ordinateur.
Une artiste a aussi ses obligations administratives!

15 h 30: compte à rebours
«Je me rends sur les lieux plusieurs heures avant le spectacle pour me préparer sans stress. La coiffure, créée sur mesure pour chaque spectacle par mon amie Céline Wenger, doit à la fois être féminine et tenir sur ma tête. Elle exige à elle seule environ 1 h 30 de préparation! Quant aux faux cils, je porte toujours les mêmes depuis le début: sans eux, Miss Sulfuric n’est pas elle-même.»

Sylviane Rössli en train de se faire coiffer pour le spectacle.
Sylviane Rössli en train de se faire coiffer pour le spectacle.

20 h 00: entrée dans la lumière
«C’est l’heure où mon vrai job commence. Les gens arrivent dans la salle, j’ai une montée d’adrénaline. La scène, c’est parfois violent, il faut savoir tenir ses émotions, les maîtriser dans la décontraction. Mais le trac est important, c’est lui qui me centre.»

Miss Sulfuric dans les coulisses.
L'heure d'entrer en scène approche!

Texte: © Migros Magazine – Véronique Kipfer

Auteur: Véronique Kipfer