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15 septembre 2014

La femme araignée

Anaïs Curchod, alias Nana Lou, est championne suisse de pole dance, cette discipline à l’origine coquine devenue aujourd’hui un sport à part entière.

Anaïs Curchod
Anaïs Curchod a remporté les premiers championnats suisses de pole dance.

Lorsqu’elle grimpe le long de la barre de pole dance, qu’elle s’y enroule et enchaîne avec une aisance déconcertante figures artistiques et acrobatiques, Nana Lou (Anaïs Curchod pour l’état civil) devient femme araignée. Sa parfaite maîtrise du sujet lui a d’ailleurs permis de remporter, au début de cette année, les premiers championnats suisses officiels de la discipline.

Vidéo: Une démonstration de pole dance. Source: Nana Lou (Anaïs Curchod) Youtube

Depuis, cette Neuchâteloise d’adoption vit de sa passion, donnant leçons et workshops à répétition. L’été dernier, elle a même eu l’insigne honneur de concourir pour le titre mondial. «C’est impressionnant de se retrouver face à ses idoles!» Elle s’est classée 18e sur 42 candidates en lice. Pas mal pour une athlète qui n’a que quatre ans d’expérience au compteur!

Nana Lou se souvient de ses premiers pas à la barre. «Le plus dur, c’était d’être en short et body devant plein de femmes et de miroirs. Il fallait que je parvienne à assumer mon corps.» Elle est sortie grandie de cette épreuve.

Ce sport m’a aidée à m’épanouir. Maintenant, j’ai une meilleure estime de moi et davantage confiance en mes capacités aussi.»

Avant d’en arriver là, il a évidemment fallu qu’elle travaille d’arrache-pied. «J’étais souple au départ, mais je n’avais aucune force, je n’arrivais même pas à ouvrir un bocal de cornichons!» Anaïs a donc dû se muscler. Et apprendre aussi à supporter la douleur. Parce que cet art pratiqué à l’origine par les strip-teaseuses n’est pas – comme elle le dit – «pour les chochottes»!

Une journée avec Nana Lou

9h: Exercices matinaux
«En général, je fais deux heures de fitness le matin. Surtout de la musculation. Je me prépare physiquement en vue des compétitions et aussi pour me maintenir en forme. Parce que mon corps, c’est mon outil de travail!»

9h: Exercices matinaux

11h30: Tempête de cerveaux
«Avec mon ami Bastien, on se voit durant la journée pour parler de nos projets futurs. Mais voilà, on a trop d’idées et pas assez d’argent! Notre rêve, c’est de lancer des entreprises qui marchent et de gagner notre vie comme ça.»

11h30: Tempête de cerveaux

16h30: En voiture!
«Mon travail m’oblige à me déplacer beaucoup puisque j’enseigne à Neuchâtel, Payerne, Lausanne et Montreux. Ma voiture est donc très importante pour moi. En fait, c’est un peu ma deuxième maison: j’y vis et j’y dors même parfois.»

16h30: En voiture!

Ballet aérien
«En pole dance, lorsque vous faites corps avec la barre et que vous parvenez à oublier vos douleurs bien sûr, vous avez un peu l’impression de voler, vous avez une sensation de puissance et de maîtrise, c’est vraiment très grisant!»

18h: Pas de danse
«J’ai longtemps hésité à prendre des cours de danse. Ça m’a toujours fait rêver, mais je ne me sentais pas légitime à le faire. Grâce à la pole dance, j’ai osé franchir le pas. C’est un plus dans ma discipline, notamment parce que ça apporte de la fluidité dans les mouvements à la barre.»

18h: Pas de danse

19h: Cap sur la barre
«Ma journée de travail commence quand celle des autres se termine. Je donne entre un et quatre cours de pole dance et de contorsion par soir. J’adore ces moments de partage, les élèves sont adorables, il y a vraiment une ambiance géniale!»

19h: Cap sur la barre

© Migros Magazine – Alain Portner

Auteur: Alain Portner