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27 février 2012

La glace dans l’objectif

Amoureux définitif de la nature, le photographe fribourgeois Markus Peissard a réussi à capturer la beauté de l’hiver et de ses fresques glacées. A voir au Château de Gruyères.

Markus Peissard: "La photo, c'est vraiment une passion héritée de mon père et qui reste pour moi une activité liée à des sorties dans la nature."

Il peine à sortir de son lit. Celui de la Gérine (FR), s’entend. C’est dans ce lieu de caillasse et d’eau, surtout du côté de la gorge de Plasselb, que Markus Peissard se sent chez lui. En accord. Et qu’il a commencé à faire de la photographie. Cet enseignant de formation, devenu fonctionnaire à l’Office fédéral des migrations, ne passe pas une semaine sans aller faire un tour «dans son paradis». En toutes saisons, quel que soit le temps, et surtout à pieds nus de mars à novembre.

De ces allers-retours solitaires au cours de ces quatre derniers hivers, il a ramené une soixantaine de clichés givrés, petits et grands formats: la glace à fleur de caillou. Formes géométriques, courbes sensuelles, bulles d’air enfermées par le froid, son objectif saisit les fines dentelles de l’eau prisonnière, ses jeux de cristal, ses explosions d’or sous la surface. Et on ne sait plus si l’on est encore la tête en bas, dans la rivière, ou la tête en haut plongée dans des constellations d’étoiles.

Markus Peissard ne met pas de titres à ses photos, pour que chacun y voie le reflet de ses propres rêveries. Le masque, le voilier, le diamant ou le cauchemar… c’est selon. «Je traite les images moi-même, mais je ne touche ni ne modifie jamais les couleurs. C’est tabou! J’accentue seulement les contrastes pour rendre les couleurs plus présentes, plus lumineuses.»

Et quand viendra le dégel, rangera-t-il son numérique pour une période d’hibernation? Non, il continuera à regarder la nature en plans rapprochés, à capturer «l’image qui saute aux yeux», à s’incliner pour mieux aimer le monde minéral tapi à ses pieds.

A voir: «Fantaisies de glace», photographies de Markus Peissard, Château de Gruyères, jusqu’au 29 avril. Infos sur www.chateau-gruyeres.ch

Ma passion

«La photo, c’est vraiment une passion héritée de mon père, et qui reste pour moi une activité liée à des sorties dans la nature. Après une semaine sans photos, je commence à avoir des fourmillements dans l’index!»

Cet argentique avec l'objectif à soufflet est lié à beaucoup d'émotions pour Markus Peissard.
Cet argentique avec l'objectif à soufflet est lié à beaucoup d'émotions pour Markus Peissard.

Mon souvenir

«C’est un argentique, avec l’objectif à soufflet. Quand je regarde cet appareil, je vois mon père. Il se promenait toujours avec lui dans sa main ou glissé dans son sac de montagne. C’est un objet lié à beaucoup d’émotions.»


Markus Peissard résiste à tout, sauf aux sucreries!
Markus Peissard résiste à tout, sauf aux sucreries!

Mon péché mignon

«Je résiste à tout sauf aux sucreries! Biscuits, chocolat… ma femme confectionne la pâtisserie et, chaque jour, nous faisons notre pain nous-mêmes. Pour le plaisir de faire, de pétrir à la main, c’est un joli geste.»

Une pierre séduisante par son énergie, son toucher, sa forme.
Une pierre séduisante par son énergie, son toucher, sa forme.

Mon objet fétiche

«C’est une pierre que j’ai trouvée dans le lit de la Gérine. J’aime son énergie, son toucher, sa forme. J’en ai ramené une quinzaine chez moi. La plus grosse pèse 60 kg, alors je l’ai installée dans le jardin!»

La photo préférée de Markus Peissard. (Photo: Markus Peissard)
La photo préférée de Markus Peissard. (Photo: Markus Peissard)

Ma photo préférée

«Je la trouve tout simplement belle. Elle me plaît par ses formes sensuelles, c’est doux, fin, élégant. Je suis fasciné par le côté abstrait que l’on trouve dans la nature.»

Le lit de la Gérine, lieu de ressourcement du photographe. (Photo: Markus Peissard)
Le lit de la Gérine, lieu de ressourcement du photographe.(Photo: Markus Peissard)

Mon lieu de ressourcement

«Le lit de la Gérine et surtout la gorge de Plasselb. C’est un lieu que je connais depuis l’enfance. J’y vais souvent, parce que c’est un lieu de force et d’énergie. Cette rivière avale tout, soucis et états d’âme, et recrache de l’or.»

Auteur: Pierre-Yves Massot /Arkive, Patricia Brambilla