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29 mai 2012

La grande fée du Village du monde

A Paléo, Amarylis Blanchard est à la tête depuis trois ans de ce coin de festival consacré aux cultures d’ailleurs.

Amarylis Blanchard
Amarylis 
Blanchard: «La 
découverte de l’autre a toujours été mon moteur.» (Photo: Thierry Parel)

A deux mois de l’ouverture des portes, c’est l’effervescence du côté des bureaux flambants neufs du Paléo Festival. Parmi la cinquantaine de collaborateurs à l’œuvre dans le bâtiment rouge nyonnais, situé juste à côté de l’entrée du plus grand rendez-vous musical estival de Suisse, Amarylis Blanchard se partage entre stress et sérénité. «Un peu la boule au ventre, mais beaucoup de joie de faire partager nos découvertes au public», sourit la jeune femme. A 27 ans, Amarylis vit une belle aventure au sein de la grande famille du Paléo: s’occuper du Village du monde, ce «festival dans le festival» consacré aux musiques d’ailleurs. «Et plus généralement aux cultures étrangères. Le but du Village consiste à partir en voyage, à travers des concerts mais aussi des animations, de l’artisanat ou de la nourriture, à se retrouver projeté ailleurs.»

Cette année, place donc au Moyen-Orient, à sa riche culture millénaire. La découverte musicale risque d’être intense, tant les sonorités de ce coin du monde nous demeurent souvent peu connues. Un peu moins, il est vrai, lorsqu’elles se mélangent avec du jazz, comme dans le cas du Libanais Ibrahim Maalouf le vendredi 20 juillet, ou de l’Israélien Avishai Cohen, le lendemain.

«Le rendez-vous musical et festif des vacances d’été»

Adolescente, Amarylis vivait dans le Pays de Gex et, comme beaucoup de jeunes de la région, attendait la deuxième de moitié de juillet pour se retrouver sur la plaine de l’Asse en famille ou avec des amis. «Paléo, oui, c’était le rendez-vous musical et festif des vacances d’été. Et lorsque je suis partie étudier à Lyon, j’y ramenais mes potes lyonnais.»

Entre 18 et 23 ans, elle y travaille même comme bénévole. Curieusement, malgré une formation en communication événementielle et culturelle, Amarylis ne songe pas vraiment au festival nyonnais comme cadre professionnel. «Sans doute parce qu’en quittant le pays de Gex, je ne comptais pas forcément revenir dans la région.» C’est donc entre Londres et Paris qu’elle va faire ses premières armes. Notamment du côté de la Plaine Saint-Denis et de Nagui où, entre 2008 et 2009, elle œuvre comme assistance personnelle du célèbre animateur de Taratata. «Je compilais des infos, je faisais ses fiches, quoi. L’ambiance était vraiment sympa, et il y avait un aspect prospectif intéressant puisque le tournage avait lieu tous les trois mois. Il fallait donc anticiper l’actualité musicale au moment de la diffusion.»

Le Village du Monde est consacré 
aux musiques et 
nourritures d’ailleurs. (Photo: Paléo/Pierre Descombes)
Le Village du Monde est consacré 
aux musiques et 
nourritures d’ailleurs. (Photo: Paléo/Pierre Descombes)

Et puis vient ce jour de 2010 où la jeune femme réseaute sur internet, se connecte sur le très professionnel Linkedin. Et décide d’envoyer un mot à Daniel Rosselat, patron historique du Paléo Festival. «Je me sentais un peu à la croisée des chemins. Et j’ai pris mon courage à deux mains en lui dressant une sorte de liste de courses de mon job de rêve.» La chance ne sourit décidément qu’aux audacieux: une démission vient d’avoir lieu au sein du staff. «Il m’a demandé de venir le voir. Et ça s’est fait comme cela.»

Reprendre en mains la destinée du Village du monde semble une évidence pour elle, baignée depuis toute petite dans les cultures du monde. «Ma mère est Iranienne, et mon père grand voyageur nous mettait de la musique tzigane comme berceuse. Du coup la découverte de l’autre a toujours été mon moteur. Je me sens à ma place dans ce poste, qui m’apparaît comme l’un des plus beaux de la maison.» Un enthousiasme qu’Amarylis Blanchard compte bien partager avec les festivaliers avides de découvertes.

Le Gurten souffle cette année ses 29 bougies. (Photo: Keystone/Peter Klaunzer)
Le Gurten souffle cette année ses 29 bougies. (Photo: Keystone/Peter Klaunzer)

Et le Gurten, alors?

Berne, ce n’est pas si loin. Et à défaut de trouver le plan B pour des billets au Paléo, ou par simple envie d’aller voir ailleurs, pourquoi ne pas se rendre sur cette bucolique colline à la tradition rock aussi solidement plantée que les arbres qui l’entourent? Malgré son amour assumé pour le gros son, le Gurten est on ne peut plus vert: le site est champêtre à souhait, y arriver se fait par un funiculaire (flambant neuf), et le tri des déchets fait ici figure de vieille tradition. Pour sa 29e édition, cette vénérable institution a su rester jeune et fun, à l’image de son affiche qui mélange les vieux de la vieille avec les jeunes pousses.

Un coup de cœur? On vote pour le dimanche très rock, tradition maison oblige, avec notamment Beady Eye, quatuor issu du défunt Oasis emmené par l’ex «frontman» du groupe Liam Gallagher.

Gurten Festival, du 12 au 15 juillet. Programme et toutes les informations pratiques sur: www.gurtenfestival.ch

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Thierry Parel