Archives
21 novembre 2016

La guerre des boutons à l’âge de raison

L’acné n’est pas réservée qu’aux ados. Les petits boutons gâchent aussi la vie des adultes, en particulier celle des femmes qui seraient près de 20% à en souffrir.

L’acné à l’âge adulte touche surtout des femmes minces ayant un job stressant.

Ado, je n’ai jamais eu un seul bouton sur le visage, alors quand je me suis retrouvée les joues couvertes d’acné à passé 35 ans, cela m’a franchement déprimée.» Comme Serena (prénom d’emprunt, ndlr), elles seraient entre 15 à 20% à souffrir d’acné à l’âge adulte. Rien ou peu à voir avec l’acné qui touche plus d’un adolescent sur deux, dont la cause principale est liée à l’hypersécrétion de sébum et à l’action conjointe de la prolifération de la Propionibacterium acnes, une bactérie présente dans les follicules qui aime particulièrement la graisse et qui aggrave ainsi l’inflammation du follicule. Ici, les boutons peuvent surgir du jour au lendemain sur des peaux jusqu’alors sans histoires.

Des femmes minces et stressées

Comment expliquer cette poussée de boutons à l’âge de raison? «On a constaté que l’acné à l’âge adulte touchait en général des femmes minces ayant un job stressant, note le Dr Olivier Gaide, médecin associé à l’unité interventionnelle du Service de dermatologie et vénéréologie du CHUV, à Lausanne. Car moins on a de graisse, moins on a d’œstrogènes, d’où un léger déséquilibre hormonal.» Les facteurs génétiques et psychosomatiques ont également été identifiés parmi les raisons possibles, tout comme le recours à des soins de la peau inappropriés ou un environnement peu favorable relève de son côté le Dr Hans-Joachim Laubach, médecin associé au service de dermatologie et vénéréologie des HUG, à Genève. Des causes multiples qui ne permettent par conséquent pas d’affirmer avec certitude pourquoi cette dermatose frappe certaines femmes à l’âge adulte.

Serena le sait, elle qui a dû attendre sept mois avant que l’on découvre pourquoi son visage s’est vu soudainement attaqué par l’acné.

J’ai tout essayé: les crèmes, les lotions, de changer de maquillage, rien ne faisait effet. Le plus pénible a été ces mois d’attente, car en plus d’être disgracieux, ces boutons étaient douloureux.»

C’est finalement une analyse sanguine qui mettra fin au suspense. «Les tests ont révélé que je manquais de vitamine B12 et de zinc. Depuis là, ça va beaucoup mieux, je prends un traitement approprié et fais attention à manger de la viande rouge ou des algues pour l’apport en vitamine B12. J’ai aussi arrêté de me maquiller le visage et j’ai réduit ma consommation de cigarettes.»

Le tabac, facteur aggravant

Car s’il est impossible d’expliquer pourquoi l’acné touche davantage les uns que les autres, le tabac a clairement été identifié parmi les facteurs aggravants, les points noirs que l’on trouve par exemple derrière les oreilles de certains fumeurs étant typi­ques, affirme le Dr Olivier Gaide. En arrêtant de fumer, on réduit les risques d’avoir des boutons. Quant aux régimes drastiques parfois conseillés pour limiter les éruptions, le spécialiste reste perplexe. «Leur efficacité n’a pas été démontrée, mais il est vrai que certains patients nous disent qu’en mangeant moins gras leur peau a changé. Nous conseillons de manger de tout et d’observer si en consommant moins de tel ou tel aliment la situation évolue.»

Texte © Migros Magazine – Viviane Menétrey

Auteur: Viviane Menétrey