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5 septembre 2016

La patronne des airs

Après une avoir fait ses preuves dans le management, Aline Bovier a pu concilier ses compétences professionnelles et sa passion de l’aviation en devenant la directrice de l’aéroport de Sion.

Portrait d'Aline Bovier sur le tarmac de l'aéroport de Sion
Une carrière qui décolle!

«Il y a des contraintes liées à la topographie des montagnes, mais ça n’empêche pas de voler, il y a des procédures qu’il faut connaître. Bien sûr, les pilotes américains ou australiens qui n’ont jamais vu une montagne, qui volent en Arizona, où le point le plus élevé c’est le caillou du coin, quand ils arrivent ici, ça les impressionne.»

Aline Bovier sait de quoi elle parle puisque, avant de devenir directrice de l’aéroport de Sion, elle le fréquentait comme pilote de petits avions. Côté professionnel, après un MBA, cette Valaisanne d’adoption revendique un parcours en management «assez éprouvé», qui s’avère ne pas être du luxe dans sa nouvelle activité: «Ici, on fait du marketing, de la comptabilité, des RH, de la communication. L’aéronautique constitue la plus petite partie du job.

Sion est un petit aéroport régional où il faut savoir porter plusieurs casquettes et c’est justement ce qui me plaît.»

Avant d’être nommée à la tête du site aérien qui appartient à la ville de Sion, Aline travaillait chez Swatch Group comme directrice du site d’assemblage de la Swatch à Sion: «Quand on a 45 ans et atteint ses objectifs professionnels, on se remet en question.

Cette opportunité s’est présentée au moment où j’avais envie de me lancer dans une activité aussi en lien avec le plaisir.»

Une journée avec Aline Bovier

Aline Bovier en train de saluer un collaborateur.
Saluer les collaborateurs à son arrivée est une priorité pour Aline Bovier.

8 h 30: embarquement
La première chose que je fais en arrivant, c’est de saluer les collaborateurs. Tout le monde me tutoie, car les gens me connaissaient avant comme pilote. Puis je fais le point dans mon bureau: regarder le courrier, les urgences. Pas mal de séances s’enchaînent.

Le porte-clé avec l'étiquette "Big Boss".
Aucun équivoque possible!

10 h 00: Big boss
Ce porte-clefs m’a été offert par la kiosquière de l’aéroport quand j’ai pris mes fonctions. L’aviation reste un monde très masculin, les gars se mesurent à la testostérone. Avec une femme, ils sont obligés de passer par le côté charme. Ça trucide quand même, mais c’est moins frontal.

11 h 00: sur le tarmac
Le Valais n’a pas un bassin de population assez grand pour des lignes régulières. On développe surtout les vols charters, de vacances, comme sur la Corse, Saint-Tropez, Palma de Majorque, Lourdes… Cet hiver, il y aura des vols tests effectués par Swiss entre Sion et Londres.

Aline Bovier en train de s'occuper d'une ruche.
A chacun ses heures de vol...

12 h00: visite aux abeilles
Avoir un peu de miel du tarmac, pouvoir en offrir quelques petits pots à nos clients, c’est sympa. L’aéroport de Genève a aussi ses ruches. Entourées d’arbres et d’eau, les abeilles ont ici tout pour être heureuses.

DR400-140 Dauphin 4
Cet DR400-140 Dauphin 4 vole surtout en Suisse.

15 h 00: mon avion
Un DR400-140 Dauphin 4. J’ai toujours voulu voler. Quand il fait grand beau comme aujourd’hui, sans nuages, on peut voler sans instrument, à vue, puisqu’on voit toutes les montagnes. En général, je ne vole pas hors de Suisse, sauf quelques trajets sympas parfois sur la Corse.

Aline Bovier en compagnie de Nicolas Ducommun, CEO de Star Jet Services dans le hangar.
Aline Bovier en compagnie de Nicolas Ducommun, CEO de Star Jet Services.

17 h 00: Entre pilotes
Nicolas Ducommun est le CEO de Star Jet Services, c’est lui qui pilote l’avion de Christian Constantin, derrière nous. Les vols de jets privés sont notre premier business, avec des vacanciers fortunés, les élèves des écoles internationales ainsi que des habitants de la Riviera vaudoise qui préfèrent atterrir à Sion plutôt qu’à Genève. Ici, dix minutes après l’atterrissage, ils sont dans leur voiture.

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Isabelle Favre