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26 septembre 2016

Coraline Cuenot, la pianiste à la fleur

Au cœur du village de son enfance, dans l’église du Cerneux-Péquignot (NE), la pianiste Coraline Cuenot a planté les graines de Racinotes, un petit festival de musique classique dont la gentiane est l’emblème. Une manifestation qui pousse un peu à chaque édition.

Si Coraline Cuenot ne joue pas du piano pendant une journée, cela lui manque.

Des racines et des notes

A l’automne, immuablement, Le Ceneux- Péquignot (NE) transpire la gentiane par tous ses alambics. Cette fragrance terrienne et enivrante transporte la pianiste Coraline Cuenot dans ses souvenirs, quand elle habitait encore là-bas, au cœur de la vallée de la Brévine. «Oui, cette odeur me rappelle l’enfance.» Installée à La Chaux-de-Fonds, dans un ancien atelier d’horlogerie, cette trentenaire n’en a pas pour autant oublié son village. Et lorsque lui vient l’idée de monter un festival de musique classique, elle n’imagine pas le faire se dérouler ailleurs que dans «ce coin un peu paumé» au charme bucolique et suranné.

Racinotes, sa manifestation de poche qui s’étale sur un samedi d’octobre, en est aujourd’hui à sa 5ème édition. L’atmosphère y est toujours chaleureuse et familiale. La programmation éclectique et de qualité: «Je la fais au feeling, elle est le fruit de coups de cœur, d’amitiés et de rencontres.»

Coraline est une artiste curieuse, ouverte sur le monde. Un brin réservée aussi. Sauf quand ses doigts virevoltent sur les touches de son instrument. Là, elle se mue en pianiste fougueuse et habitée. «Avec la musique, je vis des émotions que je n’aurais jamais pu connaître autrement. C’est un cadeau.»

Une journée avec Coraline Cuenot

8 h 00 Prélude«Chaque matin, après avoir bu mon petit thé, je fais du yoga pendant une vingtaine de minutes. C’est un peu mon échauffement avant de me mettre au piano. Car jouer, c’est très physique et ça demande également beaucoup de concentration.»

9 h 00 Gammes«Le piano fait partie de moi, c’est mon moyen d’expression, mon compagnon de vie, mon complice des bons jours et aussi un précieux allié dans les moments sombres. J’ai toujours eu cette relation fusionnelle avec mon instrument. D’ailleurs, si je ne joue pas pendant une journée, il me manque…»

10 h 00 Dernières touches«Avec la graphiste Amandine Kolly, on se rencontre régulièrement pour travailler sur le visuel de Racinotes. Un visuel qui tourne autour de la gentiane, le symbole de mon festival. Parce que ça me rappelle les racines que mon grand-père distillait et, du coup, mes racines familiales aussi. »

13 h 00 Paperasse«L’administratif, ce n’est pas trop ma tasse de thé. Alors, pour ne pas remettre toujours ça au lendemain, je retrouve deux à trois fois par semaine des amis dans un café près de chez moi. Ça nous motive à faire ces tâches ennuyantes qui sont le lot de tous les indépendants.»

15 h 00 Leçons«J’essaie de transmettre à mes élèves cette passion pour la musique qui m’habite. J’aimerais qu’ils comprennent ce que ça peut apporter comme bien-être. Au final, c’est donc davantage l’amour du piano que la technique que je souhaite leur enseigner.»

20 h 00 Ouverture«Espace Noir à Saint-Imier, c’est un lieu culturel autogéré dans lequel j’ai décidé de m’investir. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet endroit où il y a de la place pour tous les arts, y compris pour la musique classique. »

Texte: © Migros Magazine | Alain Portner

Auteur: Alain Portner

Photographe: Matthieu Spohn