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6 août 2012

La poya comme mandala

Découpeuse d’art depuis trente-trois ans, Marianne Dubuis enseigne sa passion lors de cours d’initiation organisés par l’Office du tourisme de Château-d’Œx.

Marianne Dubuis près d'un arbre
Marianne Dubuis «De la patience, je n'en ai que pour ça!»

D’un geste aussi précis que léger, la pointe effilée des ciseaux se referme sur le fin trait de crayon et entame le papier. Sous la main experte de Marianne Dubuis, découpeuse d’art, ce ne sont que quelques millimètres qui disparaissent, laissant place à de minuscules fleurs, des personnages de la taille d’une mouche, des vaches qui n’ont de modeste que la dimension tant leurs expressions sont vivantes et variées. «De la patience, je n’en ai que pour ça!» lance l’artisane de Château-d’Œx. Parce que le découpage, «c’est comme un mandala».

La référence à cet objet de méditation n’a rien d’involontaire chez celle qui aime se ressourcer dans les forêts du voisinage et se nourrir des énergies des pierres.

Ces moments alimentent le monde intérieur dans lequel elle puise son inspiration et lui permettent ensuite de dessiner et découper durant des heures. «J’ai toujours fait des dessins très minutieux. Le découpage était la suite logique. J’ai fait le premier à l’âge de 10 ans, pour l’anniversaire de ma sœur.»

Son art, Marianne Dubuis ne le réserve pas qu’aux poyas. Elle l’utilise pour conter des histoires nées de son imagination, des légendes de la région ou des parcours de vie lorsqu’on lui commande un tableau résumant une existence. Et elle le partage dans des cours d’initiation comme ceux organisés tous les jeudis d’été par l’Office du tourisme de Château-d’Œx. Même si elle reconnaît volontiers que dans ce métier, il faut savoir jeter et recommencer, en vraie passionnée, elle rassure: «Tout le monde arrive à faire quelque chose de joli!»

D’ailleurs, recommencer, c’est aussi se donner la possibilité de faire mieux, la liberté d’inventer. Et la liberté, symbolisée dans toutes ses œuvres par des oiseaux, est aussi vitale à ses yeux que l’espièglerie du chat qui ronronne presque toujours dans un coin du découpage.

Marianne Dubuis en quelques mots

Un chat peut en cacher un autre!
Un chat peut en cacher un autre!

Un symbole

Ces chats symbolisent mon couple. D’abord parce que mon mari est très grand! Et parce que dans cette statue, le chat intérieur est libre de faire ce qu’il veut, il n’est pas enfermé, mais il est protégé. C’est ce que fait mon mari. Il m’accompagne et me donne des ailes.

Chaque animal est unique
Chaque animal est unique.

Un tableau

Ici, tous les animaux sont différents. Ils ont chacun leur expression propre. Les feuilles et les fleurs, je les coupe par trois dans des papiers que je peins d’abord à la gouache ou à l’acrylique et que je colle ensuite avec des brucelles.

Des pierres particulières
Des pierres particulières

Des pierres

J’en ramasse chaque fois que je vais quelque part. Elles symbolisent l’énergie du lieu et racontent quelque chose. Elles ont une forme de cœur, d’île. Je ne les cherche pas, elles me sautent dessus.

Doigté et persévérance sont nécessaires.
Doigté et persévérance sont nécessaires.

Le geste

Découper, c’est méditatif. Je suis seule avec mon travail. Avant, je le faisais huit à dix heures par jour et j’ai eu de gros problèmes de nuque. Aujourd’hui, je prends le temps et c’est vraiment une passion.

Les fleurs font aussi partie des intérêts de Marianne Dubuis
Les fleurs font aussi partie des intérêts de Marianne Dubuis

Des fleurs

J’ai fait un apprentissage de fleuriste. A 16 ans, je ne découpais pas encore et j’ai eu le coup de foudre pour ce métier, lui aussi créatif. Je travaille un jour par semaine chez une amie fleuriste par plaisir et pour l’aider. Cela me permet de voir du monde et de bouger.

Photographe: Catherine Leutenegger