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26 novembre 2012

La seconde vie des mannequins

Au Mont-sur-Lausanne, Sophie Baudat veille jalousement sur une collection inédite.

Sujet proposé par un lecteur.
Sujet proposé par un lecteur.

Sophie Baudat cultive une passion peu commune. Non pas celle de la mode et des grands créateurs, mais de ces mannequins en plastique dont le regard vide scrute les passants à travers les vitrines. Son atelier du Mont-sur-Lausanne en accueille quelque chose comme deux cents. «Mais je ne sais pas exactement, je ne les compte plus depuis longtemps.»

Une vingtaine d’années s’est écoulée, en fait, depuis l’époque où Sophie Baudat travaillait à la décoration des vitrines de la région lausannoise, dont un célèbre magasin de jouets de la rue de Bourg, qui a allumé les yeux d’une ou deux générations d’enfants émerveillés.

Un accident l’éloigne des contorsions propres à son métier. Mais pas de son amour pour ses mannequins, qu’elle déniche à droite à gauche, les recevant parfois, les achetant souvent. «Chacun correspond à une époque, avec toute une histoire. Beaucoup ont pas mal voyagé avant d’atterrir ici.»

Autrefois de plâtre et vrais cheveux, ils sont désormais en plastique et tignasse synthétique, tailles et formes évoluant au gré des canons de beauté.

Certaines pièces valent plusieurs milliers de francs, beaucoup sont encore faites à la main. «C’est comme une sculpture. Il faut réaliser un moule, peindre, rajouter quelques touches de rouge sur les lèvres ou les joues. Il y a bien des trucs industriels chinois, mais ça ne vaut rien. Pour bien mettre en valeur l’habit, créer un vraie atmosphère, il faut de beaux mannequins.»

Désormais disponible à la location, voire à la vente, la collection de Sophie Baudat sert à des privés, soirées d’entreprises ou autres expositions temporaires. Certains sont d’ailleurs issus de modèles célèbres, comme cette forcément très jolie Naomi Campbell. Ou quand un top-modèle rencontre un mannequin. A moins que ce ne soit l’inverse?


Mannequin miniature.
Mannequin miniature.

Une pièce que j’adore

Ce petit mannequin miniature. Il doit dater de 1900 environ. A l’époque, les habits étaient présentés sous forme réduite.



Un ouvrage référence.
Un ouvrage référence.

Un livre

Cet ouvrage baptisé «Mannequins», très difficile à trouver. Je suis tombé dessus au célèbre marché aux puces de Saint-Ouen dans la banlieue parisienne. C’est vraiment une référence, dans un domaine où la littérature reste d’ailleurs rare.



Le paradis des Seychelles.(Photo: Istockphoto)
Le paradis des Seychelles. (Photo: Istockphoto)

Destination de rêve

Les Seychelles. Pas besoin d’expliquer pourquoi, non?




Les délicieux currys. (Photo: Istockphoto)
Les délicieux currys.(Photo: Istockphoto)

Une gourmandise

J’aime la bonne table, avec une petite attirance persistante pour la cuisine asiatique, et notamment indienne. Ah! cette variété infinie de currys…



Un mannequin en plâtre.
Un mannequin en plâtre.

Une autre pièce que j’adore

Ce mannequin féminin en plâtre. Une pièce rare et très lourde. Historiquement, il y a d’abord eu le carton bouilli, puis la cire et le plâtre, et enfin aujourd’hui le plastique.

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Stéphanie Meylan