Archives
31 mai 2014

La Suisse, coffre-fort numérique

Les sociétés de services informatiques spécialisées dans la protection des données sont nombreuses à s’implanter dans le pays. Comme la nouvelle messagerie ProtonMail développée au CERN.

De plus en plus d’utilisateurs se tournent vers des sites ultra-sécurisés.
De plus en plus d’utilisateurs se tournent vers des sites ultra-sécurisés. (photo Istockphoto)

Le secret bancaire est mort. Vive le secret numérique! Surfant sur l’excellente réputation de la Suisse niveau sécurité et neutralité, de nombreuses sociétés informatiques décident de s’y installer. On compte notamment Blackphone et ses smartphones ultra-sécurisés, ou encore les deux célèbres messageries cryptées pour téléphones portables Threema et myEnigma.
Le mois dernier, c’est Proton Mail, un service webmail lui aussi ultra-sécurisé, qui a démarré ses activités au CERN à Genève. Ses arguments? Chaque message est crypté et aucune métadonnée à propos des utilisateurs du service n’est enregistrée, comme l’adresse IP ou l’heure de connexion.

Mais c’est la localisation 100% helvétique de l’entreprise qui est d’abord mise en avant sur la page d’accueil du site web de l’entreprise: «Les données des internautes sont situées en dehors des juridictions américaines et européennes, et sont protégées par les strictes lois suisses sur la protection des données», peut-on lire sur le site, sur fond de paysage alpin.

La réputation de la Suisse comme argument

«La protection de la sphère privée est inscrite dans les constitutions de nombreux pays, indique Eduardo Solana, chargé de cours au Centre universitaire d’informatique de l’Université de Genève. C’est donc avant tout la réputation de la Suisse en tant que pays sûr et neutre qui attire ces sociétés.» Mais il y a aussi une autre explication, plus pragmatique celle-ci. «Dans les universités et polytechniques helvétiques, on est particulièrement spécialisé en sécurité informatique. Avec des enseignements et recherches très pointus!»

Et le succès est au rendez-vous. Soixante heures après le lancement de la version bêta de Proton Mail, les demandes étaient si nombreuses que la messagerie a dû momentanément interrompre les inscriptions. «Les récents scandales liés à l’accès de certains gouvernements à nos données sur la toile expliquent cet engouement, analyse le spécialiste en sécurité et cryptologie. On est ici avant tout dans l’émotionnel! La sécurité à 100% n’existe pas…»

© Migros Magazine – Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Istockphoto,