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5 septembre 2016

La vie en couleurs

Longtemps indécentes, voire diaboliques, les couleurs! Si, pendant des siècles, on s’habillait en blanc, c’était pratique, parce que lavage était synonyme de cuisson des tissus. Mais aussi qu’on voulait de la pureté pour le corps.

Image symbolique sur la pensée
Le saviez-vous? La chronique d'Isabelle Kottelat.
Portrait d'Isabelle Kottelat
Isabelle Kottelat

Si, depuis, les couleurs se sont invitées dans les vêtements, notre univers reste sombre depuis des décennies, d’après l’historien et spécialiste des couleurs Michel Pastoureau.

Dans un XXIe siècle (occidental) dédié à l’affirmation de soi et à ses envies, le noir domine; le gris, le bleu, le beige et le brun le suivent de près dans nos habits. Un peu de blanc, un peu de vert. Du rouge, rarement.

Rouge, couleur toujours dangereuse et violente, renvoie au sang, au péché. Encore interdite d’habit dans les lycées français de la République des années 1960, selon Michel Pastoureau qui consacre son dernier ouvrage à la couleur passion.

Aujourd’hui, au quotidien, on utilise du bleu pour les calmants dans l’armoire à pharmacie, du jaune et de l’orange pour les fortifiants, du brun pour les troubles digestifs.

Et quelques jolis contre-­emplois: le jaune, aujourd’hui joyeux, mais historiquement lié au mensonge, à la lâcheté, couleur des traîtres et des exclus (juifs, lépreux), voilà qu’on le retrouve en cyclisme…

Le célèbre «Maillot jaune» a pris sa teinte du papier sur lequel s’imprimait le journal L’Auto, organisateur du Tour de France. Ironie de l’histoire, il existe aussi des maillots jaunes en finance et en économie…

Texte: © Migros Magazine | Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat