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23 juillet 2012

La voix de l’évêque

Porte-parole de Mgr Morerod, Laure-Christine Grandjean fait valoir sa jeunesse et sa féminité dans un univers qui pouvait en manquer singulièrement.

Laure-Christine Grandjean au téléphone
Bien que Gruérienne tout comme lui, Laure-Christine Grandjean ne connaissait pas Mgr Morerod avant sa nomination.

L’habit ne fait pas le moine. Mais pas non plus le porte-parole du moine, une fonction rarement réservée aux jeunes femmes. C’est pourtant ce qui est arrivé à Laure-Christine Grandjean, nommée chargée de communication du diocèse par Mgr Morerod, le nouvel évêque de Lausanne, Genève et Fribourg.

Elle prend en tout cas son rôle très au sérieux. Explique qu’il y a eu dans l’Eglise catholique «une prise de conscience qu’il fallait communiquer».

Elle cite au hasard les préoccupations environnementales: «Il existe par exemple à Berne une petite association œcuménique, protestante et catholique, qui donne des cours aux sacristains sur la façon la plus écologique de gérer les églises. Et puis savez-vous que l’évêque se déplace en vélo électrique?»

Saviez-vous que l’évêque se déplace en vélo électrique?

Bien que Gruérienne tout comme lui, Laure-Christine Grandjean ne connaissait pas Mgr Morerod avant sa nomination. Elle venait de démissionner de son poste de porte-parole de la Conférence des évêques et n’avait pas vraiment l’intention de rempiler dans le même milieu. Une conversation avec Mgr Morerod a suffi à la convaincre: «C’est quelqu’un qui parle de façon très directe, qui sait ce qu’il veut.»

Une licence en sciences des religions à Fribourg puis une recherche en Asie centrale sur les mouvements de conversion de l’islam au christianisme, «surtout chez les pentecôtistes»: le phénomène religieux la passionne d’abord comme «fait culturel, anthropologique, sociologique».

Face aux affaires délicates, comme les cas de pédophilie, Laure-Christine Grandjean raconte que «la politique de l’évêque est très claire: on dénonce, on n’a rien à cacher. On veut la transparence, la franchise.»

Elle reconnaît que l’Eglise a certes perdu son pouvoir social, mais que «c’est l’occasion de se poser des questions. Se demander surtout comment parler aux gens. Dire ce que l’on a à dire en sachant reconnaître ses torts.»


Un coffre aux merveilles qui réunit de nombreuses activités.
Un coffre aux merveilles qui réunit de nombreuses activités.

Une cachette

Ce coffre, c’est mon côté création, bricolage, peinture, un peu de photo aussi et d’architecture. Je range là mes pigments, ma colle, mes équerres. Des activités qui permettent de ne penser à rien et donc de penser à tout.


En Iran, elle est allée dans des familles de requérants d’asile rencontrés en Suisse.
En Iran, elle est allée dans des familles de requérants d’asile rencontrés en Suisse.

Des voyages

J’aime beaucoup voyager dans des pays pas trop connus. En allant dans les familles, en plongeant dans le quotidien des gens. En Iran, je suis allée dans des familles de requérants d’asile rencontrés ici.


Laure-Christine Grandjean joue parfois en duo avec sa soeur pianiste.
Laure-Christine Grandjean joue parfois en duo avec sa soeur pianiste.

Un instrument

J’ai commencé le violon tard, à 13-14 ans, pour la beauté de l’objet. J’aime la musique festive, comme Piazzolla ou le klezmer (musique juive traditionnelle, ndlr). Je joue parfois en duo avec ma sœur pianiste.


«J’adore les choses absurdes. Comme cette bouche d’égout coupée en deux pour pouvoir faire des marches.»
«J’adore les choses absurdes. Comme cette bouche d’égout coupée en deux pour pouvoir faire des marches.»

Un détail

Quand je me promène, j’ai toujours un œil qui traîne. J’adore les choses absurdes. Comme cette bouche d’égout coupée en deux pour pouvoir faire des marches. Des détails dont les gens ne s’aperçoivent pas forcément.


«Ailleurs», d’Henri Michaux: un livre qui surprend et apprend, à travers des voyages imaginaires.
«Ailleurs», d’Henri Michaux: un livre qui surprend et apprend, à travers des voyages imaginaires.

Un livre

«Ailleurs», d’Henri Michaux. Un livre qui surprend et apprend, à travers des voyages imaginaires. Chez un peuple par exemple où quand on casse des œufs, c’est une mouche qui en sort. On trouve d’abord cela absurde, puis on relativise sa propre logique.

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Daniel Rihs