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14 mai 2012

Les lamas, des animaux doux et dociles

Didier Blanc, son épouse Cordula et leurs deux fils Léon et Célestin ont repris la maison du grand-père à Echarlens (FR), avec un immense terrain autour. Ils y ont créé un élevage de lamas qui fait le bonheur des citadins, des personnes handicapées, des enfants... bref, de tous!

Enfants promenant un lama
Didier Blanc élève 
des lamas en Gruyère depuis 2007.

Il y a là Blacky le mâle reproducteur, Garfield le rigolo, Lasco le brave qui se laissera tirer par deux petits garçons, Zorino et Frisquette qui brouteront de l’herbe à chaque occasion. Didier Blanc, leur propriétaire, nous attribue Tiky, une vieille dame de 17 ans aux poils déjà gris.

Place aux recommandations: il faut tenir la bride sans laisser traîner la corde – les lamas sont maladroits – se tenir devant son animal, car il a davantage de force en cas de gestes brusques. Pour arrêter un lama, rien de plus simple: on met la main devant son visage, mais la plupart du temps, il comprend de lui-même l’intention de son maître. Et il faut éviter de leur caresser la tête.

Didier Blanc: «En général, le crachat est leur moyen de définir entre eux qui est le chef: pas celui qui crache le plus fort, mais celui qui crache le plus longtemps.»
Didier Blanc: «En général, le crachat est leur moyen de définir entre eux qui est le chef: pas celui qui crache le plus fort, mais celui qui crache le plus longtemps.»

Très vite, de l’assemblée, jaillit LA question: «Et s’il se met à cracher?» «En général, le crachat est leur moyen de définir entre eux qui est le chef: pas celui qui crache le plus fort, mais celui qui crache le plus longtemps», explique Didier Blanc. Vous riez? Ce n’est pas si simple, au bout d’un moment, ils peuvent avoir des crampes de mâchoire. Il s’agira donc juste d’éviter de les laisser se renifler... Et de se trouver dans la trajectoire. «Les gens ont l’image du lama de Tintin, qui crache sur le capitaine Haddock à tout-va. C’est dommage.»

Rassurés, nous partons pour une balade d’une heure et demie, entourés des enfants du village qui viennent tous les samedis pour approcher les animaux. Le cortège fait tourner les têtes même si, dans le village, tout le monde connaît la famille Blanc, avec ses onze lamas, son alpaga, ses chèvres et son bouc.

«Avant, nous avions aussi des poneys et des zébus nains, mais ils demandaient trop d’espace et d’attention. Alors qu’avec les lamas, il s’agit de leur donner du fourrage, les brosser une fois par semaine, les vermifuger de temps en temps et nettoyer l’enclos.»

Tout a commencé quand Didier Blanc, son épouse Cordula et leurs deux fils Léon et Célestin (4 et 2 ans) ont repris la maison du grand-père, avec un immense terrain autour. «Je n’aimais pas tondre le gazon, alors j’ai pris des chèvres. Puis, un peu par hasard, j’ai découvert les lamas. J’ai suivi un cours et me suis lancé en 2007.»

L’élevage s’agrandit chaque année, les enfants ont choisi les prénoms des deux derniers-nés: Babel et Mandarine, qui a tout juste un mois. «Il ne faut pas les approcher quand ils sont petits, pour éviter qu’ils s’habituent à nous, sinon cela peut être dangereux.»

Le lama est un animal affectueux et facile d’approche pour des enfants turbulents.
Le lama est un animal affectueux et facile d’approche pour des enfants turbulents.

Un animal calme et affectueux

Chaque samedi, ou presque, le machiniste araignée de profession accompagne des groupes. Il accueille aussi parfois des écoles spécialisées. Car le lama est un animal très calme, affectueux et facile d’approche pour des enfants turbulents. Il incite aux confidences.

Handicapés, autistes, hyperactifs peuvent passer un week-end à s’en occuper (avec leur éducateur): brossage, fourrage et promenade, nommé lamathérapie. «Après deux jours, on les voit beaucoup plus ouverts et communicatifs», se réjouit le passionné.

En partenariat avec Hervé Sapin, qui possède une ferme pédagogique à Tinterin (dans la Singine), ils proposent des week-ends découverte, avec en prime une nuit sur la paille. C’est chez lui qu’ont été placés les zébus nains, avant qu’il ne décide de se consacrer exclusivement aux animaux indigènes.

Il fait chaud, mais les lamas ne semblent pas en souffrir. Les enfants rigolent et bavardent. «Ces balades ont ça de bien qu’elles font marcher les petits sans qu’ils ne s’en rendent compte», sourit Didier Blanc. Et pas que les enfants, puisque des citadins y prennent parfois part, sans expérience aucune de la nature et de la marche. Les autres anniversaires, enterrements de vie de jeune fille et cortèges de guggenmusik rencontrent également beaucoup de succès. «Il a fallu habituer les lamas à la guggen, en la leur faisant écouter, pour qu’ensuite ils n’en aient pas peur lors des défilés de carnaval.» Des défilés où ils deviennent très souvent la principale attraction.

Auteur: Mélanie Haab

Photographe: Laurent de Senarclens