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23 juillet 2012

Laver plus propre: un Suisse a inventé le concept

C’est en observant les viticulteurs pulvériser des traitements sur les vignes que Maurice Paquette a eu l’idée d’ajouter une buse au bout du manche d’où sortait l’eau. Son but: nettoyer ses camions en douceur.

Dessin d'une voiture dans un seau rempli de mousse
L’Hypromat 
est né dans 
les années soixante 
à Peseux.

C’est la Suisse qui lave plus propre. On le savait. Il faudra d’autant plus y penser lorsque vous bichonnerez votre voiture ce week-end dans le box d’une station de lavage.

Il était une fois, un petit Neuchâtelois qui marchait toujours d’un pas très rapide, comme poussé par toutes les inventions qui lui germaient dans la tête. Dans les années soixante, à Peseux (à côté de Neuchâtel), Maurice Paquette dirigeait une entreprise de distribution de carburants. Avec, donc, une flotte de camions toujours sales. Très ennuyé, il s’est mis à imaginer comment les laver, sans que ses employés n’y perdent leurs journées. Il a commencé par inventer un concept de jets d’eau à haute pression. Mais les peintures des carrosseries n’y résistaient pas...

C’est finalement en observant les viticulteurs pulvériser des traitements sur les délicates feuilles de vignes, sans les abîmer, qu’il a eu l’idée d’ajouter une buse au bout du manche d’où sortait l’eau, pour faire partir le liquide en éventail. Donc en douceur. Plus propre, rapide et sans rayer: son concept de lavage, breveté, a aujourd’hui sa place dans toutes les stations de lavage de voitures.

Ses premières machines avaient vu le jour sous le nom d’Hypromat en 1964 en Suisse, puis en France où elles sont devenues un concept global et commercialisé sous l’enseigne de l’Eléphant bleu. Ses premiers clients étaient des entreprises de taxis, des garagistes, puis des voitures privées pour lesquelles il a développé le systèmes de box individuels et alignés avec le succès phénoménal que l’on connaît.

Inventer, c’était peut-être la recette de longévité de cet ingénieux Neuchâtelois. Tout au long de sa longue vie (1918-2010), le concepteur du lavage automobile à haute pression s’est intéressé à tout. Il n’a eu de cesse d’imaginer et de mettre au point toutes sortes de prototypes: de sa machine à dépoussiérer le charbon, efficace et utile au temps où ce carburant encrassant chauffait la plupart des ménages, à son modèle original de moto qui ne salit pas. L’ancêtre de la Lambretta, comme il disait. Impossible n’était pas français pour Maurice Paquette!

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck