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24 février 2014

Le barrage, roi du pays

La Suisse possède 200 grands barrages. Des ouvrages qui, à la base, ne servaient pas à fabriquer de l'électricité mais à irriguer les terres.

De l'eau sort d'une prise électrique
De l’eau qui vaut 
son pesant d’or.

Ils sont hauts, ils sont beaux, nos barrages. Et on en a plein. Championne en densité, la Suisse, avec 200 grands ouvrages, et vantée pour sa production d’électricité propre, soit 55% de notre consommation. Mais figurez-vous qu’à la base, un barrage ne sert pas à mitonner de l’énergie, mais à irriguer les terres.

Et la plupart des ouvrages protègent surtout des crues. Comme le célèbre Trois-Gorges en Chine qui fait trois en un: régulation des crues, navigation, production d’énergie. La bête fabrique même plus de puissance que toutes nos centrales hydroélectriques!

Heureusement, on a le ski. Si, si. Le Valais et les Grisons regorgent de petites digues qui servent de bassins d’alimentation pour les canons à neige! Et puis, on a eu le premier barrage en béton d’Europe: celui de la Maigrauge (lac de Pérolles à Fribourg), érigé au XIXe siècle. Et son ancêtre, un barrage-voûte en bois à Roche (VD) du XVIIe siècle.

Si on remonte plus loin, c’est sûrement en Jordanie qu’il faut aller: des ouvrages de maçonnerie du 4e millénaire avant J.-C servaient à l’irrigation et aux besoins en eau potable. Et c’est grâce à un barrage de 550 avant J.-C. que la reine de Saba a pu profiter de son royaume au Yémen.

Enfin, le plus haut, c’est la Grande Dixence (285 mètres). Pardon: c’était le plus haut, jusqu’à la construction en 2010 du mastodonte chinois de Xiaowan (292 mètres). Mais l’homme est petit face à la nature. C’est elle qui a érigé le plus haut de tous: le barrage d’Usoi, au Tadjikistan, un extraordinaire éboulement de terre de 600 mètres «tombé» en 1911.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck