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20 juin 2016

«Le bio n’est pas une mode»

Götz Rehn, fondateur de la société allemande Alnatura, fait figure de pionnier en matière d’aliments issus d’une agriculture biologique. Cet engagement, il le vit au quotidien.

Götz Rehn
Götz Rehn, fondateur d’Alnatura, était déjà fasciné par les idées de Gottlieb Duttweiler dans sa jeunesse.

Avant de fonder Alnatura en 1984, vous aviez exercé plusieurs fonctions au sein de Nestlé pendant cinq ans. Le passage d’un grand groupe aux fermes bio n’a pas dû être évident?

Pour moi, ce choix était logique. J’ai beaucoup appris à Nestlé – surtout en matière de distribution et de développement de produit. Mon expérience chez ce géant de l’agroalimentaire a également renforcé mon envie de créer quelque chose par moi-même. Je voulais bâtir une entreprise qui offre à ses collaborateurs une activité vraiment utile et qui traite la Terre avec égards.

En 1984, les produits respectueux de la nature étaient moins répandus qu’aujourd’hui. Pourquoi avez-vous cru en l’avenir du bio avant les autres?

Les aliments bio étaient déjà importants pour moi à l’époque, car c’est en pratiquant une agriculture de ce type que nous pouvons améliorer l’état de la planète. Joindre l’utile à l’agréable est en outre une expérience extrêmement positive. Je me réjouis qu’un nombre croissant de personnes partagent cette philosophie – même si celle-ci est encore minoritaire.

Les ingrédients bio sont toutefois bien plus appréciés qu’autrefois. Croyez-vous que la demande va encore augmenter?

Oui, j’en suis certain. Il ne s’agit pas d’une mode éphémère mais d’une quête de sens bien ancrée chez nos concitoyens. Sur le plan quantitatif, le bio présente une belle marge de progression: en Allemagne, la part de marché atteint seulement 4% et en Suisse, 7% – des pourcentages encore bien trop maigres.

Qu’est-ce qui constitue le cœur de la philosophie bio?

Celle-ci doit répondre à des questions fondamentales: qu’induit mon comportement en tant que consommateur? Comment respecter l’environnement? Les aliments bio sont une réponse à ces interrogations. Car cette approche agricole améliore le sol, protège les eaux et favorise la diversité des espèces.

Pouvez-vous encore rester rigoureusement fidèles aux principes bio malgré la forte croissance d’Alnatura au fil des années?

Bien sûr. La confiance de nos clients et la hausse constante de la demande viennent de nos standards élevés. C’est la raison pour laquelle nous continuons de définir des cahiers des charges très stricts: les ingredients agricoles de nos produits doivent provenir intégralement de l'agriculture bio certifiée. Quant à nos jus, ils ne contiennent jamais de concentrés.

En Suisse, Migros est partenaire d’Alnatura. Pourquoi les deux entreprises vont-elles bien ensemble?

Dans ma jeunesse, j’étais déjà fasciné et influencé par les idées sociales du fondateur de l’enseigne, Gottlieb Duttweiler. Vaillant défenseur des clients, il a développé une forme nouvelle de commerce de détail. Migros et Alnatura partagent de nombreux points communs: le souhait de repenser notre vie économique, une forte orientation vers la clientèle et un engagement en faveur de la durabilité.

Alnatura était jusqu’à présent influencé par le marché allemand. Migros et les clients suisses vous inspirent-ils de nouveaux produits?

Nous constatons que les Suisses accordent une importance à la qualité des aliments: c’est une source de stimulation et d’inspiration pour nous. Par ailleurs, nous entendons renforcer la collaboration avec les producteurs helvétiques. Actuellement, déjà une demi-douzaine d’entreprises suisses fabriquent des références Alnatura – un chiffre qui va augmenter.

Les articles Alnatura ont à plusieurs reprises fait l’objet de rappels en Suisse. Sont-ils plus périssables que les produits conventionnels?

Nous prenons nos responsabilités à l’égard du consommateur très au sérieux. C’est pourquoi, en cas de doute, nous n’hésitons pas à retirer une référence des rayons si elle ne remplit pas nos critères de qualité exigeants. Deux ou trois rappels pour une même marque ont tôt fait de créer une impression d’accumulation. Or, avec plus de 1200 produits, Alnatura possède un assortiment très étendu. Alors, si nous prenons la décision de rappeler un produit, ce n’est pas lié à la nature de ce dernier mais à une gestion sans compromis de la qualité.

Quelles sont vos habitudes alimentaires?

Chez moi, on trouve exclusivement des aliments bio. J’aime les recettes simples avec un nombre d’ingrédients restreint mais de qualité. J’achète régulièrement des pommes de terre, vraiment excellentes, chez un paysan bio, qui fournit nos magasins Alnatura dans la région de Francfort. Servies avec du beurre Alnatura et du gros sel, c’est un délice. Lors de mes nombreux voyages, je privilégie toujours le bio si j’ai le choix. Je garde mes sens en éveil et j’aime me laisser inspirer par de nouvelles idées de produits. 

Pour tout savoir sur les produits Alnatura à Migros: www.alnatura.ch

Auteur: Michael West

Photographe: Oliver Ruether/Laif