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2 juillet 2012

Le bonheur de pédaler en pleine nature

De Saignelégier à La Chaux-de-Fonds, la région offre aux amateurs de vélo tout-terrain un superbe espace de balade. Et une belle occasion de faire de l’exercice en famille.

Une personne à vélo et un cheval en premier plan
La balade permet de découvrir la 
région d’origine des franches-
montagnes, ces chevaux robustes et endurants.

Quiconque y a posé ses roues le sait: le canton du Jura a des allures de paradis de la bicyclette. Sur ses petites routes et nombreuses «bosses». Mais aussi sur les petits et grands chemins en vélo tout-terrain.

De VTT, il n’en reste d’ailleurs plus un seul en ce mardi de juin à la gare de Saignelégier. Tous les engins loués par Rent-a-bike ont trouvé preneur. Pas grave, le nôtre a été réservé sur le site SwissTrails et comme même la taille peut être précisée. Il suffit de monter en selle.

Départ en direction de La Chaux-de-Fonds, en suivant plus ou moins l’itinéraire de la cinquième étape du Jura Bike numéro 3, au logo jaune. Une balade de 44 kilomètres, qui en croise à plusieurs endroits une presque identique balisée en bleu, code couleur du site voisin La Suisse à vélo.

Du coup, avec le photographe, local de l’étape, nous décidons de prendre quelques libertés avec le tronçon officiel, mais tout en suivant les fameux panneaux fédérateurs rouges dévolus au vélo tout-terrain. Quittons le chef-lieu des Franches-Montagnes (connu pour son fameux Marché-Concours, en août), en grimpant en direction de Tramelan mais aussi… de la fameuse Brasserie des Franches-Montagnes (BFM), vieille connaissance gustative qui, hélas, ne fait pas partie du programme. Pas plus que le pourtant très sympathique Café du Soleil, tenu en plus par la tante d’une des employées de la gare.

Sur un petit chemin goudronné

Direction Tramelan. Au sommet d’une première petite côte, nous abandonnons volontiers la route (que nous n’emprunterons plus guère) aux véhicules à moteur pour nous glisser sur un petit chemin goudronné.

Ouch. Première rude montée pour mes mollets. Très entraîné, le photographe ne semble pas en souffrir outre mesure. Et puis le parcours est indiqué comme «moyen», aucune raison de ne pas y arriver. Nous finissons par rejoindre la route où, de l’autre côté, nous faisons une première halte devant le Centre nature Les Cerlatez, qui organise toutes sortes de stages et de rencontres autour des solutions écologiques. Difficile à rater, puisqu’il se situe juste derrière une grande sculpture représentant un joueur de cor des Alpes.

L’air de rien, nous sommes à 1003 mètres, mais malgré un temps assez couvert la température avoisine les 20 degrés, soit une météo idéale pour l’exercice.

L’étang 
de la Gruère
L’étang 
de la Gruère

Après une petite montée en pente douce, nous nous dirigeons vers l’étang de la Gruère (à ne pas confondre avec son cousin fribourgeois), magnifique espace naturel (et protégé) dont on peut faire le tour grâce à un charmant cheminement de bois et de copeaux.

Un jeune homme qui sort de l’eau explique que la surface de l’onde dépasse souvent les 25 degrés en raison de la vase. En hiver par contre, de nombreux amateurs profitent du gel pour venir patiner (mais un panneau indique que l’épaisseur de la glace ne fait pas l’objet d’une surveillance: prudence, donc).

Petite discussion avec Anne et Susanne. Deux touristes quinquagénaires venues découvrir cet endroit enchanteur depuis la Suisse alémanique. La première habite près de Winterthour, la seconde dans le canton de Soleure, et toutes deux apprécient le grand calme tout juste troublé par les coassements de batraciens et autres cris de foulques.

Un charmant chemin désert nous amène dans le petit village de La Chaux- des-Breuleux, les fameuses éoliennes en ligne de mire. Ce paysage jurassien enchante le regard, que l’on apprécie ou pas ces géants aux bras immenses, désormais à notre gauche. Ce sont celles du Mont-Soleil, au-dessus de Saint-Imier, mais nous leur préférons un tracé plus au nord passant par le trio d’éoliennes du Peuchapatte. D’abord parce qu’elles sont réellement XXL: avec leurs mâts de 108 mètres, et un diamètre de rotor de 82 mètres, elles en imposent. Et puis il s’agit du premier parc éolien de Suisse, raccordé au réseau durant l’année 2010, où il fournit de quoi éclairer quelque 400 ménages.

Une randonnée à VTT en guise de course d’école

Mettez vos cartes à l'abri des convoitises!
Mettez vos cartes à l'abri des convoitises!

Une classe d’élèves de 9e arrive. L’un des professeurs les accompagnant raconte qu’ils sont partis de l’Emmental et qu’à quelques semaines de la fin de leur enseignement obligatoire, ils ont voulu marquer le coup en organisant trois jours de course d’école. Après la randonnée la veille, VTT aujourd’hui. Et demain «Cheval pour les filles et fromagerie pour les garçons», répond-il en riant.

Nous laissons ces jeunes Alémaniques à leurs derniers instants communs, non sans signaler que la chapelle du hameau abrite de très beaux vitraux créés par un artiste nommé Yves Voirol. Et entamons notre descente vers La Chaux-de-Fonds. Enfin pas sans un petit crochet par la charmante colline où trône l’hôtel de la Chaux-d’Abel que les amateurs de bonne table connaissent bien. Puis direction La Ferrière, connue pour ses tilleuls de la place du village, plantés dit-on par Jean-Jacques Rousseau, venu visiter les frères Gagnebin, botanistes de grande renommée. Avec des envies de reviens-y, séduits par cette après-midi en pleine nature, nous commençons à marquer le coup. Cela tombe bien: en passant par Les Bulles nous voici en approche de La Chaux-de-Fonds. Fatigués, mais heureux.

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Xavier Voirol