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14 décembre 2015

Le bonheur est dans le pré

Au lieu de rester à l’étroit dans des espaces exigus, les oies de pâturage vivent en plein air. Leur chair, peu grasse, est appréciée des gourmets et est en vente à Migros pour les fêtes.

oies de paturage
Les oies de pâturage se nourrissent d’herbe et ont chaque jour accès à un bassin.

«Petits, petits, venez», appelle Monika Zehnder tout en agitant une cloche. Dans leur ferme située au-dessus de Belp (BE), elle et son mari Martin élèvent deux cents oies de pâturage, qui appartiennent à la communauté d’exploitation de Grubenegg.

L’élevage dans les prés est la méthode d’engraissement la plus respectueuse de l’espèce qui soit. Evoluant au grand air, les bêtes se nourrissent d’herbe et mettent ainsi deux fois plus longtemps pour atteindre le poids requis pour l’abattage. Pas grave: pour Migros, le bien-être des animaux est essentiel.

Au son de la clochette, les animaux se mettent en mouvement. «Nous avons mis en place un signal sonore indiquant aux bêtes ce qu’elles doivent faire», explique Monika Zehnder. En effet, amener un groupe d’oies d’un point A à un point B n’est pas chose aisée: les animaux se déplacent en grappes, guidés par celle qui se retrouve par hasard en tête. Mais cette meneuse peut à tout moment être remplacée par une autre, qui sera alors à son tour suivie par le reste de la troupe.

Des conditions d’élevage très strictes

Tout a commencé il y a quatre ans. Les Zehnder se rendent alors à une réunion organisée par trois étudiants qui envisagent de créer en Suisse une filière de production de viande d’oie respectueuse des animaux. C’est ainsi que Weidegans.ch voit le jour: l’association réunit aujourd’hui quarante-cinq producteurs et dénombre quelques milliers d’oies de pâturage.

La communauté d’exploitation de Grubenegg est le deuxième site de production en termes de taille et répond aux exigences très strictes de l’association en matière d’élevage. Ainsi, pour cent oies, il est nécessaire de disposer d’un hectare de prairie. Les volatiles doivent en outre pouvoir accéder quotidiennement à un bassin. Car une oie heureuse est synonyme de qualité. «Chez les oies de pâturage, la chair est moins grasse que chez celles destinées à l’engraissement», explique l’éleveuse. Ainsi, la perte d’eau à la cuisson est réduite, et la quantité de viande au terme de la préparation est plus importante. Une volaille élevée dans ces conditions est aussi plus écologique, car elle consomme beaucoup moins de céréales issues de la production intensive.

Des friandises au coucher

A la mi-novembre, les premiers animaux ont été amenés à l’abattoir d’Heimisbach dans l’Emmental. Ils pesaient alors 9 kilos, ce qui donnera 5 kilos de viande. Une partie des oies de pâturage est commercialisée à Migros pendant les fêtes et quelques palmipèdes sont directement vendus par le couple.

Alors que le soleil achève sa course, la clochette retentit à nouveau. La ribambelle d’oies se dandine vers le poulailler, où attendent les friandises du soir: des grains d’orge broyés.

L’activité du jour fait place au calme de la nuit, bien que les oies ne soient jamais silencieuses. «Elles ronflent», s’amuse Monika Zehner. Mais au moins, elles ne jacassent plus. 

Monika Zehnder et son mari Martin élèvent deux cents oies de pâturage, qui appartiennent à la communauté d’exploitation de Grubenegg.
Monika Zehnder et son mari Martin élèvent deux cents oies de pâturage, qui appartiennent à la communauté d’exploitation de Grubenegg.

Auteur: Atlant Bieri

Photographe: Raffael Waldner