Archives
2 février 2015

Le cadastre solaire pour voir son toit autrement

A Neuchâtel puis dans de nombreux autres cantons et communes de Suisse romande, chaque propriétaire, régie ou architecte peut librement consulter cet outil qui donne avec précision le potentiel d’une habitation en énergie solaire.

Carte d'un plan de la ville montrant les divers degrés d'ensolleillement
Neuchâtel a été un des premiers cantons de Suisse romande à proposer un cadastre solaire.

Les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Parmi elles, le photovoltaïque fait l’objet d’une promotion qui devrait retenir l’attention des particuliers. Il est en effet assez simple de s’équiper pour voir son eau chaude ou une partie du chauffage fournie par la puissance du soleil. Mais encore faut-il que l’investissement consenti pour équiper de capteurs tout ou partie de sa toiture soit rentable et que la production obtenue soit suffisamment efficiente.

Pour cela, il convient non seulement de s’adresser à des professionnels compétents, mais aussi de savoir dans quelle mesure son habitation reçoit une quantité de rayonnement suffisante. Combien de jours en moyenne le soleil y brille- t-il? Quelle quantité d’énergie une installation de cellules photovoltaïques peut-elle fournir? Pour obtenir ce type de réponses, il y a naturellement la possibilité de s’adresser à une entreprise spécialisée qui va établir un bilan énergétique du bâtiment.

Cependant, depuis quelque temps, certaines communes et cantons proposent à leurs habitants la consultation d’un outil à la fois gratuit et performant: le cadastre solaire. Riviera vaudoise, Fribourg, Jura bernois, Estavayer-le-Lac: les exemples se multiplient.

Mais de quoi s’agit-il exactement?

Par cadastre solaire, nous entendons un inventaire de tous les toits des maisons d’une ville, commune ou région. Cela comprend la pente, le rayonnement et le potentiel de production d’énergie solaire,

explique à Berne l’entreprise coopérative Meteotest, principal fournisseur de cadastres solaires en Suisse, avec quelque 2,5 millions d’habitants recensés. Grâce à l’utilisation des données météorologiques cumulées avec les données satellite, les cadastres fournis pour de nombreux cantons et communes de Suisse alémanique (Lucerne, Argovie, Zoug ainsi que les villes de Berne, Glaris, Belp, etc.) se targuent de fournir un modèle très précis du rayonnement solaire.

Neuchâtel, canton pionnier

Du côté romand, le canton de Neuchâtel a joué les pionniers, d’abord grâce à l’impulsion de sa capitale. «En 2011, la Ville s’est en effet approchée du canton avec ses idées dans ses cartons. Finalement, nous avons avancé de notre côté et le canton a rejoint le projet par la suite puis­que ce cadastre couvre aujourd’hui tout le territoire neuchâtelois», se réjouit Christian Trachsel, délégué à l’énergie de la cité de Neuchâtel.

Grâce notamment à la collaboration du service de géomatique cantonal, qui fournit des données sur l’emprise au sol de chaque bâtiment, on parvient à un balayage laser extrêmement précis prenant en compte non seulement chaque surface de toiture dans sa pente et son orientation, mais aussi la pondération de la capacité énergétique en fonction des différents éléments endogènes, comme une cheminée ou un velux.

«Chaque bâtiment indique ainsi combien son toit pourrait accueillir de cellules photovoltaïques, à combien se monte la production théorique maximale possible et quelle en est la pondération au vu de ses différents éléments et du degré d’ensoleillement.»

Cet encouragement à produire de l’énergie verte est d’ailleurs subventionné selon la puissance installée et le potentiel de production. Et ça marche. Trop cher, trop aléatoire, le photovoltaïque ne faisait jusqu’alors pas recette.

De quatre installations à peine en 2012, nous sommes montés à neuf en 2013. Déjà cinquante ont été terminées cette année et quarante-sept autres sont en cours ou en passe d’être commencées,

détaille Christian Trachsel. En ville, le fonds de soutien d’un million de francs mis à disposition par les autorités a rapidement été épuisé. Il devrait être renouvelé incessamment si le projet passe la rampe du Conseil communal.

«Chaque bâtiment indique à combien se monte la production théorique maximale.»

Auteur: Pierre Léderrey, Léderrey_Illustration: Svenja Plaas, Pierre

Photographe: Svenja Plaas