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20 février 2012

«Le cigare, une lucarne par où s’échapper»

A la tête d’une PME familiale qui fait référence notamment dans le domaine du havane, Vahé Gérard a banni de son vocabulaire le verbe «fumer». Il s’agit, en effet, de tout autre chose.

Vahé Gérard fumant un cigare
Le cigare, la passion de Vahé Gérard. Entre une cigarette et un cigare, autant de différence qu'entre "manger un sandwich sur un quai de gare et une visite chez Rochat".

Son premier cigare, c’était vers 16-17 ans: «Je l’ai senti, touché, regardé. J’ai bien dû prendre deux heures avant de l’allumer.» Auteur de plusieurs livres et guides sur la question, Vahé Gérard, épaulé par sa sœur Marie-Christine, est à la tête d’une maison fondée à Genève par son père et qui fait référence dans l’univers du cigare. Mais «Gérard Père et Fils» c’est aussi une marque, produite à Saint-Domingue.

Désormais, explique-t-il, «ce sont les épicuriens qui font vivre le cigare, les mêmes qui s’intéressent aux grands vins». Avec une «approche curieuse, intellectuelle» alors qu’auparavant le cigare était «surtout une question de statut social». Au verbe «fumer» Vahé Gérard préfère d’ailleurs celui de «déguster».

«Une question de palais et de goût personnel»

L’amateur ne s’attache plus à une marque: «Autrefois certains disaient, mon père a fumé ça toute sa vie, j’aimerais le même. Ça n’avait pas de sens. Le cigare en effet, c’est une question de palais et de goût personnel.»

Les goûts collectifs, de toute façon, mieux vaut s’en méfier. Vahé Gérard raconte que longtemps les Anglais ont eu la réputation d’aimer leurs cigares secs. Une habitude en réalité provoquée par l’astuce consistant à faire sécher les cigares avant de les importer, histoire d’en diminuer le poids et d’alléger ainsi les taxes douanières.

Quant à notre marchand de vitoles, il se voit comme «un faiseur de rêves», dans une société «de plus en plus tendue», avec un besoin «de lucarnes par où s’échapper un moment. Le cigare en est une.»

Boutique - Grand Hôtel Kempinski, quai du Mont- Blanc 19, Genève. www.gerard-pere-et-fils.com

En quelques mots

Ma passion

Entre une cigarette et un cigare, autant de différence qu’entre «manger un sandwich sur un quai de gare et une visite chez Rochat».


«Airkel», dont Vahé Gérard possède le brevet mondial, un fumoir qui ne soit pas «un ghetto puant».
«Airkel», un fumoir qui n'est pas «un ghetto puant». (Photo: LDD)

Une invention

«Airkel», dont Vahé Gérard possède le brevet mondial, un fumoir qui ne soit pas «un ghetto puant». Grâce à un système de pulsion au sol «on n’aura pas ses habits qui sentent la fumée et on pourra inviter des non-fumeurs».



Le «ggg» de la gamme Gérard et Fils.
Le «ggg» de la gamme Gérard et Fils.


Un cigare

Le «ggg» de la gamme Gérard et Fils: «Beaucoup de pain d’épice, en même temps des corps très gras, onctueux, riches, longs en bouche».



En République dominicaine. la maison «Gérard Père et Fils» réalise des cigares selon ses exigences.
En République dominicaine. la maison «Gérard Père et Fils» réalise des cigares selon ses exigences. (Photo: LDD)

Un lieu

«La République dominicaine où nous réalisons des cigares exactement comme nous avons envie de les réaliser.»



Flor de Luna, une BD qui se passe dans l’univers du cigare.
Flor de Luna, une BD qui se passe dans l’univers du cigare.

Une bande dessinée

Flor de Luna. «Une idée que j’ai proposée à Glénat, une BD qui se passe dans l’univers du cigare.»



Don Alejandro Robaina, un des plus grands cultivateurs cubains.
Don Alejandro Robaina, un des plus grands cultivateurs cubains. (Photo: LDD)


Un maître

Don Alejandro Robaina, un des plus grands cultivateurs cubains, créateur de la marque Vegas Robaina.



Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Thierry Parel