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2 novembre 2014

Le crépuscule favorise les cambriolages

Avec le passage à l’heure d’hiver, les voleurs s’en donnent à cœur joie dans les domiciles encore inoccupés. Les polices de Suisse romande lancent une campagne de prévention.

Exactement 56 930 cambriolages ont été commis en Suisse l’année dernière.
Exactement 56 930 cambriolages ont été commis en Suisse l’année dernière. Photo Getty Images

Même si l’été indien a semblé vouloir s’incruster, le passage à l’heure d’hiver marque notre entrée dans la saison froide. Avec les jours qui raccourcissent, c’est hélas aussi une période marquée traditionnellement par une recrudescence des cambriolages, les voleurs profitant de la pénombre précoce pour accomplir leurs basses besognes.

Avec le slogan «Cambrioleurs du crépuscule: vous travaillez encore, ils travaillent déjà», l’ensemble des polices romandes et du Tessin lancent donc une campagne de prévention commune dans les trois langues nationales ainsi que l’anglais, puisque les expatriés anglo-saxons des bords du Léman et d’ailleurs ne sont naturellement pas épargnés.

En 2013, l’Office fédéral de la statistique dénombrait 56 930 cambriolages en Suisse. Un chiffre pas forcément bien plus important que par le passé. Mais pour les victimes, autant d’événements parfois traumatisants. Car un cambriolage, c’est non seulement des objets de valeur pécuniaire et/ou sentimentale qui disparaissent, c’est aussi une douloureuse intrusion dans sa sphère privée parfois vécue comme un véritable viol de son intimité.

Le traumatisme des victimes

D’après Rahel Bachem, psychologue qui vient de sortir un guide pour aider les personnes touchées à retrouver après coup une vie normale, 3% des victimes développent un adjustment disorder, trouble de l’adaptation qui empêche de dormir ou de se concentrer, et qui fait craindre le pire au moindre bruit.

Par la suite, les enfants peuvent tout particulièrement peiner à se sentir en sécurité, manifestant des difficultés à s’endormir ou à être laissés seuls quelques instants. De quoi s’encourager pour mettre en place quelques mesures préventives qui, si elles ne constituent hélas pas une protection absolue, diminuent les risques de manière non négligeable.

«Le but est de faire croire que le logement est occupé»

Pierre-Olivier Gaudard, chef de la prévention de la criminalité à la police cantonale vaudoise.
Pierre-Olivier Gaudard, chef de la prévention de la criminalité à la police cantonale vaudoise.

Pierre-Olivier Gaudard, chef de la prévention de la criminalité à la police cantonale vaudoise.

L’approche de l’hiver et la diminution des heures diurnes correspondent souvent à une augmentation des cambriolages de particuliers. Mais est-ce aussi le cas des entreprises?

Les entreprises ne sont en principe pas touchées par le phénomène spécifique des cambriolages du crépuscule. A la faveur de l’obscurité, les cambrioleurs repèrent les domiciles non occupés, car les occupants travaillent encore. Ils savent donc qu’ils ne seront pas dérangés. D’où les conseils de prévention de notre campagne de mettre des éclairages sur minuterie.

D’après Allianz Suisse, le passage à l’heure d’hiver occasionne 25% à 30% de cas en plus. Vos chiffres correspondent-ils?

Je ne connais pas les chiffres exacts. Cependant il est évident que ce phénomène saisonnier reste important, et cela depuis plusieurs années.

La population vous paraît-elle suffisamment informée de cette réalité?

Nous lançons une campagne de prévention au niveau romand. Toutes les polices de Suisse romande et du Tessin vont parler de ce modus. De plus, cette campagne est traduite en anglais, en allemand et en italien. Pour l’anglais, en plus d’un communiqué traduit, nous renvoyons les gens sur le site Genevalunch.com.

On sait qu’il y a aussi une augmentation des cambriolages dans les campagnes, mais les centres urbains et les lieux proches des autoroutes restent-ils les plus prisés des malfrats?

Toutes les régions sont concernées. Nous préconisons d’ailleurs d’équiper aussi les balcons des niveaux inférieurs des immeubles de détecteurs de présence qui enclenchent des lumières. Au niveau des appartements, il est aussi conseillé de mettre des éclairages de même que, par exemple, une radio sur minuterie.

Y a-t-il quelques mesures de précaution simples à prendre spécifiques à cette saison?

Brancher des lumières sur des minuteries et mettre des détecteurs de présence qui allument des lampes extérieures. Le but est de simuler une présence, de faire croire que le logement est occupé. En cas de minuterie fonctionnant en permanence, il convient bien sûr d’adapter les horaires à l’heure d’hiver.

© Migros Magazine - Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey