Archives
2 novembre 2015

Le cri qui sauve

Le saviez-vous? La chronique d'Isabelle Kottelat.

Photomontage d'une personne en contre-jour regardant un plan d'eau en forme de profil humain
Nos cris, lorsque nous sommes en danger, font appel à un système d'alarme cérébral particulièrement efficace...

Ce n’est pas pour rien qu’on hurle quand on se fait agresser. Crier, c’est être sûr de se faire sauver. Un système d’alarme cérébral très efficace. Le cri emprunte une voie rapide jusqu’au cerveau où il provoque une action immédiate. Parce qu’il utilise une large gamme de fréquences bien particulières, entre 30 et 150 hertz, que n’utilisent ni la parole ni le chant.

Les parents qui se lèvent comme des ressorts en entendant les vocalises de leur bébé en sont une belle illustration.

Des neuroscientifiques de l’Université de Genève viennent d’étudier le pouvoir d’alarme des cris et de décrypter ce qui se passe au niveau du cerveau. Plus étonnant: ils ont aussi découvert que les sirènes d’alarme s’époumonaient partout dans le monde sur les mêmes fréquences que les cris humains avec la même capacité à mettre le cerveau en alerte.

C’est que l’espace acoustique occupé par les signaux d’alarme est strictement séparé des autres signaux acoustiques de communication, avec l’activation de l’amygdale cérébrale qui permet une réaction adaptée au danger.

Voilà qui va permettre d’améliorer notre environnement sonore en supprimant les fréquences là où il n’y a pas de danger. Ou au contraire de greffer des sons pour prévenir d’un risque comme sur les voitures électriques trop silencieuses pour les piétons. On rajoute bien une odeur au gaz de ville, inodore, pour pouvoir en repérer les fuites…

Texte © Migros Magazine – Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat