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1 décembre 2014

Le Cross Fit, du fitness mais autrement

Le Cross Fit, sport à part entière empruntant à diverses disciplines conquiert de plus en plus d’adeptes lassés par les salles traditionnelles. Entre dépassement de soi et sueur de groupe.

Facteur de motivation supplémentaire: les exercices sont effectués en groupe.
Facteur de motivation supplémentaire: les exercices sont effectués en groupe. Photos Getty Images

Des exercices variés mais identiques dans le monde entier. A pratiquer dans un groupe où chacun cherche à se dépasser. Du fitness, mais sans engins, et aussi de la gymnastique, de la course ou de l’haltérophilie.

En moins de vingt ans, le Cross Fit a conquis le monde, revendiquant près de 40 000 adeptes dans l’une des quelque 6000 salles affiliées. Rien qu’en Suisse romande, elles sont une quinzaine. Et plus d’une cinquantaine au niveau national. Pour les trouver, il suffit de se rendre sur le site mondial de la discipline, et de cliquer sur le bon endroit de la carte.

Un même site web, des exercices identiques avec l’idée que tout le monde peut se dépasser avec de la constance, un esprit de groupe? ça vient naturellement des Etats-Unis. Le Cross Fit, c’est un peu l’anti-glamour du coaching sportif personnalisé. Ici, des barres fixes, des cordes, des anneaux et les désormais fameux kettlebell, ces poids «à tout faire» développés originellement pour l’entraînement des forces spéciales soviétiques.

Mareck Bigler, patron du Cross Fit Riviera.
Mareck Bigler, patron du Cross Fit Riviera.

«Le problème, avec le fitness traditionnel, c’est de garder l’envie sur la durée», rappelle Mareck Bigler, patron du CrossFit Riviera à Puidoux.

A 31 ans, il est déjà un adepte de longue date puisque ses débuts datent de 2008. «Mais je n’ai ouvert ma salle qu’en 2011.» Parce que répéter inlassablement les mêmes mouvements sur les mêmes engins de torture, forcément, ça lasse. Surtout si on y vient déjà contraint et forcé pendant que ses collègues vont se faire une terrasse et un bon petit plat.

Le Cross Fit transcende ces deux problèmes.

D’abord, c’est un sport complet qui passe à travers une grande variété d’exercices travaillant tout le corps.

D’où son nom qui vient de «cross fitness», ou entraînement physique croisé. D’ailleurs, chaque séance est ponctuée par des WOD (workout of the day), exercices variés, obligeant le corps à exécuter des mouvements différents pour mieux affronter le quotidien. «Avec l’idée de développer un corps fonctionnel via dix compétences: endurance, force, résistance, souplesse, puissance, vitesse, agilité, psychomotricité, équilibre et précision.»

Tout un programme, auquel on parvient à travers des exercices variés, «souvent courts et de haute intensité cardiovasculaire».

Même s’il est arrivé depuis plusieurs années en Suisse, le Cross Fit reste une découverte pour la plupart des nouveaux adeptes. «C’est d’ailleurs souvent la curiosité qui les amène la première fois», reconnaît Mareck Bigler.

Pourtant, le concept de remise en forme date des années 1970, apparu grâce au gymnaste Greg Glassman (vidéo: interview de Greg Glassman en anglais) . Il faudra attendre 1995 pour voir l’ouverture de la première salle – on dit «box» – du côté de Santa Cruz. La légende veut d’ailleurs que, comme Apple, la franchise soit née dans un garage du même Etat, la Californie.

En 2006, le blockbuster 300 donne un joli coup de projecteur sur la discipline. Le préparateur physique du péplum hollywoodien clame en effet à qui veut l’entendre qu’il a utilisé la recette de Greg Glassman pour donner aux acteurs l’apparence de hoplites en huit semaines chrono, la star Gerard Butler en tête. Ce qui donne naissance au redoutable «300 workout program» puis, un an plus tard, aux premiers «Cross Fit games», compétition mondiale ouverte à tout crossfitter doté d’un moral d’acier.

Désormais, dans plus de 6000 «boxes» mondiales, des dizaines de milliers d’adeptes rampent, courent, sautent, soulèvent, grimpent, déplacent des objets ou martèlent des pneus de tracteurs.»

Et ils le font en appartenant à une même famille. Ou en tout cas à une grande tribu, avec son langage rempli de mots de code comme le mouvement star «burpee», de «push press» ou de «front squat».

«Voilà le deuxième grand facteur de motivation, explique à Puidoux Mareck Bigler: l’esprit d’équipe. Vous n’êtes pas tout seul à transpirer dans un coin. Vous faites partie d’un team que vous n’avez pas envie de laisser tomber.» Alors, on commence quand?

© Migros Magazine - Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey