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10 avril 2017

Le fonds de soutien Migros: un engagement précieux

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une région pauvre où règne l’insécurité, l’ONG Medair, aidée par le Fonds de soutien Migros, contribue à la modernisation de centres de santé. Yannick Sauter, chef de projet, explique comment il travaille en Afrique.

Yannick Sauter
Yannick Sauter, chef de projet pour Medair, s’engage sans compter pour le bien d’autrui.

Quel est le but du projet sur lequel vous travaillez?

Le but ultime est de faire baisser la mortalité. Pour cela, nous permettons à des cliniques d’avoir ce qu’il faut en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement. Cela afin d’accueillir les patients le mieux possible et de prodiguer des soins de qualité. L’accès à l’eau y est notamment déterminant.

A quoi ressemblent les centres de santé à l’est de la RDC?

Les cliniques se trouvent dans la brousse, proches des villages. Certaines ont des murs en brique, mais la plupart sont faites en argile et n’ont pas de sols. C’est très poussiéreux. Les conditions de soins sont précaires et l’hygiène y est souvent déplorable.

Yannick Sauter se rend régulièrement sur place, au Congo, pour coordonner les mesures du projet Medair.
Yannick Sauter se rend régulièrement sur place, au Congo, pour coordonner les mesures du projet Medair.

Concrètement, quelles sont les actions menées sur le terrain?

Nous avons plusieurs objectifs. Le premier est de donner accès à de l’eau potable en forant ou en installant des structures. N’oublions pas que l’eau c’est la vie: elle permet de boire, de se doucher, de cuisiner, de nettoyer les locaux ou encore de désinfecter les outils médicaux. Nous travaillons également à construire des latrines, des douches et à former le personnel local à l’hygiène hospitalière et à la gestion des déchets médicaux. Cela afin d’éviter les infections et les épidémies.

Une histoire vous a-t-elle particulièrement marqué?

Dans une des cliniques, nous avons découvert une salle d’accouchement dans un état déplorable. Le matelas du lit était abîmé et gorgé de sang. Il y régnait une odeur nauséabonde. Les femmes du village préféraient encore accoucher chez elles, avec les risques que l’on connaît. Nous avons pu acheter un nouveau lit, refaire les murs en ciment, puis nous les avons peints à l’huile afin de pouvoir les nettoyer. Ce type d’actions permet de faire baisser la mortalité, aussi bien des bébés que des mamans.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez sur le terrain?

Ce n’est pas toujours facile de trouver du matériel de qualité puis de l’acheminer à bon port. Les routes sont en mauvais état et lors de la saison des pluies les camions s’embourbent. Il y a aussi le volet sécuritaire: la zone dans laquelle nous travaillons est en proie à de violents conflits armés, ce qui rend notre travail compliqué. Nous devons toujours être sur le qui-vive.

Quel progrès avez-vous déjà enregistré?

Medair travaille depuis plus de vingt ans en RDC et de grosses améliorations ont déjà eu lieu. L’accès à l’eau potable a notamment permis aux cliniques, mais aussi aux villages de diviser par deux, voire plus, le temps imparti à aller chercher cette ressource vitale. Le tri des déchets, notamment médicaux, est également une vraie réussite: nombre de centres ont été assainis. Finalement, la notion de durabilité est essentielle, nous tenons à ce que la population prenne en main les projets et continue à œuvrer. Ce dont ils sont souvent très fiers.

Et que reste-t-il à faire?

Le travail que nous menons sur le terrain apporte de réels bénéfices à la population. Le but est donc de répliquer ce projet dans un maximum de centres. Et nous avons encore du pain sur la planche!

Auteur: Emily Lugon Moulin

Photographe: Jeremy Bierer