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18 juillet 2016

Le golf ou l’école de la vie

Futur professeur de golf, Sébastien Lussi transmet sa passion à des jeunes au Golfparc Migros de Waldkirch (SG). Pour lui, cette discipline est bien plus qu’un sport puisqu’elle révèle aussi le caractère de ceux qui la pratiquent.

Sébastien Lussi
Sébastien Lussi aime partager son savoir avec la jeune génération.

Anna Zollikofer a beau n’avoir que 7 ans, elle sait déjà ce qu’elle veut faire quand elle sera grande: «Je serai golfeuse professionnelle.» Pour atteindre cet objectif, la fillette s’entraîne assidûment depuis deux ans. Pour elle, la tenue a son importance: polo coloré, jupe blanche, casquette pour se protéger du soleil et véritables chaussures de golf – la petite Anna n’a rien à envier à ses prestigieuses idoles. Et lorsqu’on l’interroge sur son sport favori, elle manie les termes techniques de la discipline avec aisance, avant de conclure simplement pour ceux qui n’auraient pas compris: «Le golf est tout simplement le plus beau des sports.»

L’important, c’est de s’amuser

En ce mercredi ensoleillé de juillet, Anna et six autres enfants âgés de 6 à 8 ans sont réunis sur le terrain d’entraînement du Golfparc Migros de Waldkirch, dans le canton de Saint-Gall. Ils sont attentifs aux instructions de leur professeur, qui les initie, via différents parcours, aux secrets de cette discipline. «A cet âge-là, l’important, c’est de s’amuser», assure Sébastien Lussi, 25 ans, professeur de golf en formation. Or, qui mieux que lui pourrait transmettre la passion du jeu aux gamins? Depuis douze ans, sa vie tourne presque exclusivement autour de ce sport. «J’avais 13 ans lorsque j’ai foulé le green pour la première fois, et j’ai tout de suite été conquis.»

Les yeux brillants, le jeune homme évoque sa fascination pour la discipline: «Au golf, on profite de chaque instant.» Tous les coups sont différents, et tous représentent un nouveau défi.

Pour lui, le fait que ce sport se pratique en plein air constitue un atout supplémentaire. La dimension sociale joue également un rôle important. Car Sébastien Lussi en est persuadé: «Il n’est pas de lieu qui révèle aussi bien le caractère des individus qu’un parcours de dix-huit trous.» De la joie à la frustration, en passant par l’euphorie et la déception, le terrain de golf sert d’exutoire à toutes les émotions. Le jeune professeur s’efforce pour sa part de toujours garder son calme, même lorsque le jeu ne tourne pas à son avantage. Il y parvient la plupart du temps. «Mais il m’arrive aussi d’avoir des sautes d’humeur.»

En suivant la formation de professeur de golf dispensée en trois ans par la Swiss Professional Golfers Association (Swiss PGA), cet ancien mécanicien automobile a réalisé son rêve. Outre le travail sur le terrain, les cours portent aussi sur les bases du «greenkeeping» et sur la gestion d’un golf. «Aujourd’hui, je peux me consacrer entièrement à mon sport préféré – j’ai une chance incroyable.» Lorsqu’il ne partage pas son amour pour le golf avec des enfants et des adolescents, Sébastien Lussi participe régulièrement à des tournois.

Pas besoin d’être fortuné

La seule chose que Sébastien Lussi n’aime pas dans ce sport, ce sont les clichés. «Beaucoup de gens considèrent le golf comme une activité réservée aux snobs et aux hommes riches d’un certain âge.» D’après le futur moniteur, il ne s’agit là que de préjugés. «Il n’est pas nécessaire d’être fortuné pour pouvoir jouer.» Surtout depuis que Migros a entrepris de rendre la discipline accessible à tous, y compris aux jeunes, en créant son premier parcours en 1995. Aujourd’hui, Migros gère six Golfparcs à travers le pays, dont le Signal du Bougy, ainsi que deux Golfcampus, totalisant vingt et un parcours allant de trois à dix-huit tous. De nos jours, dans la plupart des golfs, l’ambiance est plus décontractée qu’il y a quelques années. «Mais de mon point de vue, il est important de préserver une certaine tradition», déclare Sébastien Lussi. Gare à celui qui, parmi ses élèves, aurait l’idée d’entrer dans le local du club avec sa casquette sur la tête: «Il l’enlèverait immédiatement, et sans discuter», dit-il en riant.

Dans deux ans environ, Sébastien Lussi aura terminé sa formation et deviendra officiellement un professionnel du golf. Mais il sera encore loin d’avoir atteint son objectif: participer au Tour européen et vivre à 100% de sa passion. «Je suis sur la bonne voie», reconnaît le jeune homme, sourire aux lèvres.

Auteur: Daniel Schriber

Photographe: Daniel Winkler