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19 août 2013

Le jeune homme et le lac

A 29 ans, il fait partie de la relève des pêcheurs du Léman. Installé à St-Sulpice (VD), Alain Schmid attrape féras et perches dans ses filets. En bateau!

Alain Schmid au petit matin sur son bateau
Alain Schmid exerce son métier avec passion.

Matinal et passionné. Deux conditions essentielles pour exercer le métier un peu fou de pêcheur professionnel.

Ça tombe bien, Alain Schmid réunit ces deux qualités. Installé depuis 2009 sur les bords du Léman au Port Tissot, à St-Sulpice (VD), ce jeune pêcheur de 29 ans vous accueille sur sa barque à 4 h du matin d’un solide bonjour dans la nuit noire. Direction le large, pour remonter les féras (et la truite!) qui se sont laissé prendre dans ses filets.

Quand il n’est pas sur le lac, il aime à préparer son poisson. De la féra bien sûr, mais aussi de la perche, de la truite, du brochet, de l’omble chevalier et même des écrevisses. La passion, elle, lui est venue «comme ça».

«Je ne viens pas d’une famille de pêcheurs, mais mon père m’emmenait pêcher du poisson à la ligne quand j’étais petit. J’ai tout de suite croché.» Et il ne le regrette pas. «Aujourd’hui, j’exerce le métier dont j’ai toujours rêvé.»

04 h 00: l’appel du large

«Ces temps je pars tôt, car avec la chaleur le poisson surchauffe rapidement. J’ai toujours été matinal, mais j’ai besoin d’au minimum quatre heures de sommeil de suite, sinon je ne me lève pas! J’aime ce moment où je suis seul sur le lac. Ce calme, c’est apaisant. Ca vous ressource.»

Alain Schmid relève des fillets avec en grande majorite de la féra et quelques truites.
Alain Schmid relève des fillets avec en grande majorite de la féra et quelques truites.

5 h 00: la surprise du filet

«Comme j’utilise des filets dérivants, je ne sais jamais vraiment ce que je vais trouver. Mais j’aime ce moment de suspens. D’ordinaire, je remonte environ 100 kg de poisson, principalement de la féra. Mais aujourd’hui il y en beaucoup moins, car je n’ai posé que quatre filets, dont deux à truites.»

6 h 00: retour à la pêcherie

«Je vide les poissons, lève les filets ou les laisse entiers, selon les commandes. J’en fume aussi, à chaud et à froid. Ces dernières années, la féra a été abondante. C’est un poisson qui a été longtemps oublié, mais depuis quelques années, il est de plus en plus apprécié.»

Alain Schmid en train de couper du poisson.
Le poisson est préparé en fonction des commandes.

7 h 15: frais le poisson, frais!

«Je livre mon poisson à Micarna deux à trois fois par semaine, le plus tôt possible pour permettre de dispatcher la marchandise dans les supermarchés. Je fournis aussi des restaurateurs de la région et on me retrouve aux marchés de Morges, de Bussigny et de Carrouge. Après la solitude des premières heures de la journée, j’aime ce contact avec la clientèle, cela me permet de parler de mes produits.»

Alain Schmid en train de charger sa fourgonnette.
La fraîcheur du poisson dépend aussi de l'efficacité du transport.

8 h 00: pause café

«J’aime bien boire un café et manger un ou deux croissants au jambon. Quand la journée commence à 4 h du matin, à 8 h, c’est déjà l’heure du casse-croûte!»

Café et croissant sur un fond neutre.
Rien de mieux qu'un bon café pour se remettre d'aplomb.

10 h 00: et les perches?

«Quand j’ai un moment, je vais relever les nasses pour voir si j’ai attrapé des perches. J’en pose huit au bord du lac. L’avantage, c’est qu’elles ne dérangent personne. Je les relève deux à trois fois par semaine.»

Alain Schmid en train de relever une nasse depuis son embarcation.
Les nasses sont relevées

13 h 00: silence, on dort

«Après le repas de midi, je fais une sieste d’environ deux heures. C’est essentiel pour tenir sur l’année.»

Alain Schmid en train de faire la sieste dans la verdure sur une chaise-longue.
Cette sieste est sans nul doute méritée.

18 h 00: à l’eau!

«Tous les soirs, après les avoir réparés, je pose mes filets au large et je les laisse dériver au gré des courants. Ils peuvent aller loin: avant hier, je les ai retrouvés à Villette et cela m’est arrivé de devoir aller du côté français. Heureusement, ils sont équipés d’une balise GPS qui permet de les localiser. Mais avant, c’était une autre histoire...»

Auteur: Viviane Menétrey

Photographe: Laurent de Senarclens