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24 octobre 2016

Gabriel Tornay, notre mentaliste à nous

Après une tournée triomphale l’an dernier, le Lausannois Gabriel Tornay présente un nouveau spectacle où il continue de jouer les mentalistes sur scène. Entre humour, influence, magie et cinéma.

Gabriel Tornay a installé son bureau au Micky’s Bar à Lausanne.

Un parcours d’autodidacte

Après le triomphe l’an passé du spectacle Gabriel Tornay est: le mentaliste, qui a aligné 110 dates, le Lausannois remonte sur les planches. Cette fois, Le mentaliste se confie au hasard. Un mélange d'humour, de cinéma et, bien sûr, de mentalisme, avec des spectateurs mis sous pression et sous influence. «Je suis arrivé au mentalisme par le biais de la magie, explique Gabriel Tornay. Cela me passionne depuis tout petit. Je suis aussi comédien et, avec le succès de la série télé, c’était le bon moment pour utiliser les compétences acquises au fil du temps.»

Gabriel Tornay a dû s’adapter: «J’ai dû faire évoluer des techniques, dont je m’inspire essentiellement par des livres, vers le mentalisme. Il faut faire le tri, certaines me conviennent, d’autres pas. Je me suis entre autres intéressé à la psychologie ainsi qu’à la Programmation neurolinguistique (PNL).»

Si les expériences menées avec le public peuvent s’avérer troublantes, Gabriel Tornay insiste: «Il n’y a rien de surnaturel, ce ne sont que des sciences humaines et un peu de magie, c’est de l’influence et du décryptage.» Ça ne marche d’ailleurs pas toujours. «Mais les gens sont plutôt bienveillants, certains me disent à la fin que ça les rassure, ça me rend humain. Et ça montre que ce n’est pas une science exacte.»

Une journée avec Gabriel Tornay

11 h 00 Au QG «Je prends le café et installe mon bureau au Micky’s Bar. Chez moi, j’ai toujours envie de faire autre chose, il y a trop de façons de s’occuper. Ici, au moins, j’ai le calme. Le spectacle a été écrit en partie dans cet endroit.»

14 h 00 Promenade créative «Quand je dois écrire mon spectacle, je marche beaucoup. Je monte dans la forêt, à Sauvabelin, je me balade, je cogite, j’apprends mon texte, le récite à voix haute…»

16 h 00 Un lieu de vie «Je ne mange pas souvent dans ma cuisine, plutôt dehors, mais je m’y pose fréquemment avec mon ordi pour regarder un film. J’habite un deux-pièces: une chambre à coucher et mon bureau, envahi par le matos de mentalisme. Donc, je vis surtout dans la cuisine. J’y viens aussi après le spectacle, il y a toute l’adrénaline à évacuer, je ne peux pas me coucher tout de suite.»

Le coup de pouce du destin«J’ai trouvé ces 16 tours de prestidigitation à couper le souffle inclus dans une boîte d’Ovomaltine quand j’avais 8 ans. C’est ce qui m’a donné envie de m’y mettre.»

18 h 00 A pied d’œuvre «J’arrive au théâtre à 18 h 30, deux heures avant le spectacle. On a trouvé un équilibre entre l’humour, d’où je viens, et le mentalisme. En voulant trop faire rire, on perd sa crédibilité de mentaliste. Mon but n’est pas de faire peur non plus, mais ça peut avoir cet effet; j’ai eu des spectateurs qui étaient perturbés, qui ne savaient pas à quoi se rattacher. Le mentalisme, ça peut être un peu bluffant.»

20 h 00 Le spectacle «J’utilise pour la première fois un outil vidéo avec des petits films. Il y a des révélations à l’écran et une Miss météo qui fait la révélation finale. Le cinéma sert aussi de fil rouge: je demande aux gens d’écrire leur titre de film préféré sur un billet et de le mettre dans un bocal. On fait des expériences avec ça. Into the wild sort quasi tous les soirs.»

20 h 00 Bis: au meurtre «Les soirs où je ne suis pas au théâtre, je joue un ou plusieurs rôles dans des soirées ‹Meurtres et mystères›. Par exemple dans des anciens wagons du Montreux-Oberland bernois (MOB), avec une intrigue très riche en émotions autour de la Révolution russe.»

Texte © Migros Magazine – Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Loan Nguyen