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17 octobre 2011

Le médecin humaniste, entre maux et mots

Médecin et écrivain, Eric Masserey aime les débats de société autant que le silence de l’écriture, les bons crus de son Valais natal autant que les rencontres lointaines.

Eric Masserey, médecin et écrivain (Photo: Christophe Chammartin-Rezo)
Eric Masserey, médecin et écrivain

L’écriture, c’est une vieille habitude depuis l’école primaire. Presque une manie.» Quand il n’affronte pas la visibilité médiatique induite par son poste de médecin cantonal adjoint du canton de Vaud, Eric Masserey aime le silence de son petit bureau couvert de livres, là-haut, au 3e étage du beau corps de ferme rénové du village où il habite. Lauréat du prix 2011 des auditeurs de la Radio Télévision suisse romande avec son roman Le Retour aux Indes – un «faux roman historique situé en plein XVIe siècle mais avec des questionnements d’aujourd’hui» – ce tout juste quinqua s’apprête à voir sa première adaptation théâtrale. Ce sera du 31 octobre au 6 novembre, du côté du théâtre sierrois Les Halles, avec une adaptation échevelée de l’une de ses nouvelles.

«J’ai repris entièrement le texte pour le transformer véritablement en objet théâtral. Il y aura six espaces de jeu, dix comédiens pour quinze spectateurs qui se déplaceront au gré des différentes scènes. J’espère que cette scénographie assez inédite plaira.»

Le mercredi après-midi consacré à ses enfants

Antonin, 7 ans, interrompt l’appréhension de l’auteur en réclamant son goûter, accompagné par plusieurs copains. «Le mercredi après-midi, sourit Eric Masserey, je me consacre à mes trois enfants. Une pause plutôt remuante au milieu de ma semaine de travail, mais j’y tiens beaucoup.» Tout autant qu’aux débats de société qui lui font, dès sa sortie d’études avalées en sept ans, choisir la Santé publique. Non sans avoir profité des nombreux stages du cursus médical pour assouvir sa passion de la rencontre d’autrui, du côté d’une unité gynécologique en Syrie, des urgences de l’hôpital américain de Beyrouth ou d’un hôpital pour enfants en Algérie, d’où il rentrera avec le désir de rester dans la pédiatrie communautaire.

Eric Masserey voit toujours la médecine comme affaire de relation plutôt que de technologie, adore le travail en équipe mais privilégie le tête-à-tête plutôt que la foule; se méfie des idéologies qui ne disent pas leur nom et se verrait bien écrire encore de nombreux livres. A la plume et au crayon mine, bien sûr.

Tableau de Muma Soler
Tableau de Muma Soler (Photo: Bridgenmanart)

Une oeuvre d’art

J’aime beaucoup ce tableau, que m’a peint Muma Soler, artiste barcelonais installé à Lausanne depuis longtemps.

Un livre de chevet

Il y en a plusieurs, selon les périodes. Je reste quelqu’un du livre, de l’écrit sur papier. Je citerai le poète Rilke, qui m’accompagne depuis un moment et qui termina sa vie dans le château de Muzot à Sierre. Ou encore «Le Quatuor d’Alexandrie », de Lawrence Durrell.

«Je reste émerveillé par les îles grecques du Dodécanèse, de Kyos à Karpatos.» (Photo: Schapowalow)
«Je reste émerveillé par les îles grecques du Dodécanèse, de Kyos à Karpatos.» (Photo: Schapowalow)

Un livre

Je suis ravi lorsque je tombe encore sur un ouvrage dont il faut découper les pages avec un ouvre-livre. Cela m’arrive de moins en moins fréquemment, hélas, sauf avec cette série des Ecritures de Gutave Roud.

Le lieu de villégiature privilégié

Il y a bien sûr notre maison familiale, près de Montana. Dans les destinations plus lointaines, je reste émerveillé par les îles grecques du Dodécanèse, de Kyos à Karpatos. Je me sens très méditerranéen.

Un pomander, un très ancien instrument de médecine.
Un pomander, un très ancien instrument de médecine (Photo: Bridgenmanart)

Un objet

C’est un pomander, exemplaire assez rare d’un très ancien instrument de médecine d’avant l’hygiène moderne. Rempli d’herbes médicinales, il était porté autour du cou et mis devant le nez pour se protéger des pestiférés.

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Christophe Chammartin