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9 novembre 2015

«Le moins d’additifs possible»

Chez Alnatura, c’est le cercle de travail qualité qui décide quels produits seront commercialisés. Regula Bickel, l’une de ses membres, présente plus en détail la mission de cet organe de contrôle interne.

Regula Bickel lors de l'entretien
Responsable denrées alimentaires à l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FIBL), Regula Bickel est également membre du cercle de travail qualité d’Alnatura depuis 2012.

En quoi consiste la tâche du cercle de travail qualité?

Avant la commercialisation d’un produit Alnatura, les experts du cercle de travail qualité évaluent tous les processus de fabrication et les recettes. Nous essayons de simplifier ces dernières pour limiter au maximum l’utilisation d’additifs. Un produit Alnatura doit n’en contenir qu’un minimum, sans que cela n’affecte ni sa texture ni sa saveur.

Que se passe-t-il si le produit ne répond pas à ces exigences sévères?

Si nous estimons par exemple qu’un produit contient trop de sucre, il est renvoyé au responsable produits, qui devra en modifier la recette jusqu’à ce que la teneur en sucre ne dépasse pas le strict nécessaire.

Combien de fois les produits sont-ils ainsi recalés avant de donner satisfaction?

La plupart des articles peuvent être commercialisés sans autre, les responsables produits d’Alnatura connaissant parfaitement les exigences requises. Les idées sont par ailleurs présentées avant les discussions avec d’éventuels fabricants, ce qui nous permet à ce stade déjà d’influencer le processus.

Il peut toutefois arriver que nous rejetions une formule qui contiendrait par exemple encore trop d’additifs.

Quel est l’intérêt de ces contrôles internes? Les dispositions légales en matière de bio ne suffisent-elles pas?

Ni le règlement CE ni l’Ordonnance suisse sur l’agriculture biologique ne définit précisément la notion de transformation modérée. Ces textes précisent par exemple que le caractère original des denrées alimentaires doit être préservé. Mais la signification concrète de cette consigne n’est expliquée nulle part.

Ces aspects sont-ils formulés plus concrètement chez Alnatura?

Oui, nous essayons de limiter la plage de tolérance et d’appliquer ces dispositions à la fabrication naturelle des denrées alimentaires

Nous avons donc édicté nos propres directives internes, qui sont plus contraignantes que les dispositions légales bio en vigueur dans l’espace européen.

Le produit que vous tenez en main a huit ans de développement derrière lui. Est-ce une durée normale?

Non, le développement prend normalement un ou deux ans. Cette crème de soja Cuisine est un cas particulier. Il s’agit d’un produit végétalien, qui doit cependant posséder les caractéristiques d’une crème normale. Nous avons dû procéder à de multiples essais avant d’obtenir un produit satisfaisant du point de vue de la saveur et de la composition.

Les graines de soja utilisés pour cette crème proviennent notamment du Canada. Dans quelle mesure vous souciez-vous de l’origine de la matière première?

Nous essayons d’utiliser le plus possible de matières premières provenant de l’espace européen et de limiter au maximum les transports. Mais il est très difficile de se procurer du soja européen, car cette plante est peu cultivée sur notre continent. Cependant, la majeure partie de nos graines de soja en est originaire, le reste venant du Canada et des Etats-Unis.

Auteur: Thomas Tobler

Photographe: Tanja Demarmels