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7 janvier 2013

Le premier Natel pesait 12 kilos!

A une certaine époque, il aurait presque fallu une attelle pour supporter le poids d'un natel encore pas si mobile que ça...

Croquis d'un homme tenant un Natel démesuré
Le Natel B 
a été mis 
en service 
en 1983 par 
les PTT.

Vous êtes furieux parce que le Père Noël n’a pas glissé l’Iphone 5 sous votre sapin? Consolez-vous: si vous n’avez pas l’un des plus légers et plus performants smartphones actuels, vous en avez sûrement un. De téléphone portable. Et qui téléphone, en plus de mille autres fonctions tellement perfectionnées qu’on se rappelle à peine qu’un natel, à la base, c’était fait pour téléphoner. Parole de vieille? Cette histoire ne s’adresse effectivement pas aux moins de 30 ans qui ne peuvent pas connaître. Ni comprendre.

Que l’ancêtre de nos natels, le Natel B, est mis en service en 1983 par Swisscom qui s’appelle encore PTT. C’est un radiotéléphone portable gros comme une valise et qui pèse la bagatelle de 12 kilos. Pas facile pour le porter à l’oreille. Bon, il s’installe dans une voiture, avec une cornette au bout d’un cordon, comme les téléphones fixes. Et le commun des mortels n’y a pas droit: il coûte plusieurs milliers de francs. Quelques années avant, en 1975, les PTT décidaient d’introduire un réseau de téléphonie mobile pour les véhicules. C’est de là que nous vient le doux nom de Natel complètement inconnu à l’étranger – et auprès des Romands qui peuvent bien ne pas savoir. Parce qu’il s’agit d’une abréviation de Nationales Autotelefonnetz ou réseau téléphonique automobile national.

Bref, en 1987, quelques privilégiés commencent à utiliser le Natel C. Mais ce n’est qu’au début des années 1990 que les mobiles – et le Natel D bien de chez nous – deviennent suffisamment petits, légers et financièrement abordables pour être glissés dans le sac ou la poche de quelques Madame et Monsieur Tout-le-monde.

L’invention du téléphone portable n’est pas helvétique pour autant. Un Américain, Martin Cooper, a passé le premier appel sur un téléphone cellulaire. C’était en 1973, dans les rues de New York, avec un engin gros et lourd comme une brique et équipé d’une antenne longue de 10 centimètres. C’est en voyant le capitaine Kirk, de la série de science-fiction Star Trek, parler dans son communicateur qu’il avait eu l’idée de faire des recherches en téléphonie mobile, chez Motorola où il bossait!

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck