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26 mai 2014

Le sens de la vie est dans les choux

Comment fait-on des bébés? Cette semaine, Isabelle Kottelat se penche sur cette délicate question.

Comment fait-on des bébés? Cette semaine, Isabelle Kottelat se penche sur cette délicate question.
Comment on fait les bébés? Les spécialistes conseillent d’éviter de raconter l’histoire des abeilles.

C’est fou comme on a abreuvé les enfants d’histoires d’animaux et de petites fleurs pour s’éviter de laborieuses explications sur le sens de la vie et la manière dont on conçoit les bébés, par exemple. Si aujourd’hui, les spécialistes recommandent d’éviter les choux, les roses, les abeilles et les cigognes, ces légendes ont fait le tour du monde.

A partir de la Grèce antique, semble-t-il. Les roses et les choux, c’est à cause du roi Agamemnon qui était parti en guerre pendant que sa femme accouchait de trois filles (Iphigénie, Chrysothémis et Laodicé) et d’un fils (Oreste). Les trois fillettes ont été enveloppées dans des pétales de roses. Et le garçon dans des feuilles de chou. Parce que la rose, ça faisait vraiment trop efféminé pour lui. Et le chou, il y en avait sur la table…

Des âmes d’enfants dans un lac souterrain

Plus tard, les cigognes sont arrivées. D’Alsace, forcément, pour apporter les bébés. Selon la légende du Kindelesbrunnen, vers 1840, il existait autrefois un lac sous la cathédrale de Strasbourg. Les âmes des enfants qui attendaient de venir au monde y barbotaient tranquillement surveillées par un gentil gnome. Quand la cigogne se pointait, il pêchait une âme à l’aide d’un filet d’or et la remettait à l’oiseau qui lui-même l’apportait à tire-d’aile aux parents. Pour plus d’efficacité, on conseillait aux futurs «géniteurs» de corrompre le gentil volatile en posant quelques sucreries sur le bord de leur fenêtre…

La légende s’est mondialisée et popularisée grâce au conteur Andersen. Et on retrouve notamment dans les pays slaves la figure de l’oiseau qui transporte les âmes: ici la cigogne fait carrément naître les âmes, là, elle donne vie aux nouveau-nés à partir de celles des défunts.

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck