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17 décembre 2012

Le Shibashi, méditation par le mouvement

Mouvement encore intimiste en Suisse romande, le Shibashi allie gymnastique d’origine chinoise et spiritualité chrétienne. Une nouvelle technique méditative pour s’ancrer dans l’instant présent.

Shibashi
Le Shibashi se compose de dix-huit mouvements. (Photos: Simon Iannelli)

Le ciel et la terre, le corps et l’esprit sont un.

La phrase par laquelle débute une séance de Shibashi donne le ton. De petits groupes commencent à éclore ici et là en Suisse romande – à Bienne, Delémont et Fribourg – qui pratiquent une nouvelle discipline s’inspirant à la fois de gymnastique énergétique chinoise et de spiritualité chrétienne.

Madeleine Froidevaux: «On peut pratiquer le Shibashi sans être croyant» (Photos: Simon Iannelli)
Madeleine Froidevaux: «On peut pratiquer le Shibashi sans être croyant» (Photos: Simon Iannelli)

Méditation par le mouvement, le Shibashi apprend à «prendre le temps de se recentrer, de ressentir l’instant. Cette technique aide à se libérer, à ne pas penser», explique Madeleine Froidevaux. Pratiquante de la première heure, elle est la seule, avec Barbara von Mérey, à guider des séances de Shibashi en Suisse romande.

Les exercices s’enchaînent sans interruption

Les exercices courts et isolés visent à la maîtrise de l’énergie vitale. (Photos: Simon Iannelli)
Les exercices courts et isolés visent à la maîtrise de l’énergie vitale. (Photos: Simon Iannelli)

«Séparer les nuages», «regarder la lune», «rouler avec les vagues»: le Shibashi se pratique debout et se compose de dix-huit mouvements qui portent des noms de paysages ou reliés à la nature. Issus du tai-chi et du qi gong (lire l’encadré), mais simplifiés, les exercices s’exécutent très lentement et s’enchaînent sans pause ni interruption. Un cycle comprenant les dix-huit mouvements exécutés trois fois prend une vingtaine de minutes. Une fois les exercices maîtrisés, la pratique devient fluide, silencieuse. «A l’intérieur aussi», assure Madeleine Froidevaux. Car plus que des mouvements, c’est une technique méditative qui s’appuie le plus souvent sur un thème ou un texte. A la clé: «un lâcher prise de tout ce qui nous encombre pour aller entendre la Création. Outil des temps modernes dans notre vie trépidante de zapping, le Shibashi permet de se recentrer quelques minutes par jour, quand on veut évacuer un stress, une frustration», résume-t-elle. S’il peut être pratiqué seul, c’est en groupe qu’il libère le plus d’énergie.

C’est toujours impressionnant comme on arrive tous avec notre stress, nos histoires de la journée et à un moment donné un calme s’installe dans le lieu où on est. C’est un peu magique.

A la portée de tous, à tout âge, la pratique du Shibashi remet sur pied, libère et ne coûte rien, précise Madeleine Froidevaux, catéchiste, qui l’enseigne tant à des adolescents qu’à des seniors.

Une énergie qui permet de libérer les blocages

Même s’il ne remplace pas le médecin, le Shibashi active les méridiens et fait circuler l’énergie qui libère les blocages. «Les personnes nous disent que cela leur donne la force de traverser des moments difficiles de leur vie, d’être plus ouvertes aux autres, de lâcher plus facilement prise et d’aller vers l’essentiel.» Dans une démarche spirituelle. «On se met en chemin. Ça a l’air anodin, mais quand on se laisse rejoindre dans notre intériorité, on se met en recherche de mieux-être par un détachement, un regard différent sur la vie et sur les autres.»

Mais cette technique ne sert pas à être plus fort pour mieux se regarder le nombril, avertit Madeleine Froidevaux. Si elle rend plus solide, c’est à la manière d’un arbre, relié au ciel comme à la terre: s’enraciner ici et maintenant pour aller à la rencontre de l’autre. «Pour moi, il y a clairement une dimension chrétienne derrière l’exercice du Shibashi, mais on peut tout à fait le pratiquer en n’étant pas croyant. Se relier à la réalité universelle, à ce qui est plus grand, à la source qui nous fait grandir, qui nous donne une ligne de sagesse: chacun y mettra ses mots. On est là pour vivre cet instant.»

Pour autant, le Shibashi n’a rien d’une religion; c’est un moyen. Et il ne compte aucun gourou. «Tous ceux qui ont appris les mouvements peuvent être devant pour les montrer et guider la séance.»

Auteur: Isabelle Kottelat