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15 avril 2013

Le sport est-il vraiment bon pour la santé?

Dans leur récent ouvrage et sur la base d’études toutes fraîches, les Québécois Pierre-Mary Toussaint et Martin Lussier confirment ou démythifient quelques dogmes sportifs. «Migros Magazine» a soumis à leur sagacité neuf théories de vestiaire.

sportif
De nombreuses croyances, vraies ou fausses, circulent à propos de la pratique sportive. (Photo: Getty Images/Sam Edwards)
Martin Lussier, co-auteur de «Mythes et réalités sur l'entraînement physique.» (Photo: Sylvie-Ann Paré)
Martin Lussier, co-auteur de «Mythes et réalités sur l'entraînement physique.» (Photo: Sylvie-Ann Paré)
  • Vrai et Faux. En vue d’une performance sportive où la force et la puissance musculaires maximales sont déterminantes, il est déconseillé de s’étirer pendant l’échauffement, surtout avec des étirements maximaux et prolongés. Toutefois, lorsque la flexibilité est l’une des qualités essentielles de la performance, les étirements de courte durée peuvent être utiles.
  • Faux pour certains et vrai pour d’autres. Quelques études ont évalué des attributs de la condition physique, tels que le VO2max (ndlr.: le volume d’oxygène maximum), la force et l’endurance musculaires maximales. Leurs conclusions sont identiques: aucune modification n’a été constatée à cause d’une relation sexuelle ayant eu lieu la veille. La pratique sexuelle engendre des effets physiques et psychologiques qui varient grandement d’un individu à l’autre. De plus, les niveaux d’activation et d’agressivité idéaux pour une performance sportive varient selon la discipline. Enfin, une activité aussi intime qu’une relation sexuelle est difficile à étudier. Par conséquent, cette question, généralement encore taboue, demeure toujours sans réponse claire et définitive.
(Photo: Getty Images/Sam Edwards)
(Photo: Getty Images/Sam Edwards)
  • Faux. Lorsque sa grossesse est sans complications, la femme devrait être encouragée à adopter un mode de vie sain qui comprenne des exercices aérobies et musculaires, qu’elle soit déjà active ou non. Le choix de l’activité physique devrait être fait en considérant les différents risques que cette dernière pourrait comporter pour la grossesse.
  • Potentiellement vrai, mais… Les modèles d’entraînement qui utilisent le manque d’oxygène de façon naturelle (altitude) ou artificielle (tente ou chambre simulant l’altitude) n’ont pas donné la preuve irréfutable de leurs effets positifs sur la performance aérobie. Malheureusement, l’entraînement en altitude a servi et sert encore aujourd’hui d’alibi au dopage sanguin.
Pierre-Mary Toussaint, co-auteur de «Mythes et réalités sur l'entraînement physique.» (Photo: Sylvie-Ann Paré)
Pierre-Mary Toussaint, co-auteur de «Mythes et réalités sur l'entraînement physique.» (Photo: Sylvie-Ann Paré)
  • Faux, en général. Les principaux problèmes qui affectent la santé pouvant survenir lors d’un marathon, comme la déshydratation, le malaise cardiaque, le coup de chaleur ou la baisse drastique de sodium dans le sang (hyponatrémie), sont généralement liés à des mauvaises habitudes d’hydratation avant et durant l’épreuve ainsi qu’à une préparation physique inadéquate. Afin de diminuer les risques, il est primordial de bien s’hydrater (environ 150 à 250 ml toutes les quinze à vingt minutes) et de suivre un entraînement adapté (augmentation progressive des distances de course). Et si la température et l’humidité sont trop élevées (sensation de chaleur de plus de 28°C), il est recommandé de ne pas participer à l’épreuve.
  • Faux. Comme la sueur est composée d’environ 99% d’eau, le pour-cent restant est composé principalement de minéraux qui sont les électrolytes sanguins. La sueur ne contient donc pas de toxines. La fonction principale de la sudation est la thermorégulation corporelle. La détoxication, ou élimination des toxines, ne semble pas être rendue possible par la sudation qui, elle, est occasionnée par l’augmentation de chaleur produite par l’exercice.
(Photos: Getty Images/Frances Andrijich)
(Photos: Getty Images/Frances Andrijich)
  • Vrai et Faux. La consommation de boissons sportives est recommandée principalement lors d’exercices aérobies de plus d’une heure à haute intensité. Elles peuvent aussi être consommées lorsque l’activité physique se déroule dans un environnement chaud et humide. Toutefois, si l’un des objectifs de l’entraînement est la perte de poids, la quantité de calories contenues dans les boissons commerciales devrait avoir une influence sur le choix du type de boisson: sportive, sportive faible en calories ou eau ordinaire.
  • Faux. La perte de graisse ciblée par un exercice musculaire localisé est une des croyances les plus tenaces en activité physique. La recherche a quand même suggéré que cette croyance n’était peut-être pas entièrement fausse. Cette possible vérité ne suffit pas à justifier les messages trompeurs des compagnies qui vendent le rêve d’une perte de poids ciblée grâce à la réalisation d’un exercice musculaire localisé. Le secret pour une grande dépense énergétique, en vue d’une perte de poids demeure les exercices cardiovasculaires.
  • Vrai. La pratique régulière d’activités physiques diminue les risques de mort prématurée et allonge la vie d’environ deux à six ans. Mais, plus important, elle permet de préserver une autonomie dans la vie quotidienne, augmentant ainsi l’espérance d’une vie active. Les études démontrent que l’activité physique, pratiquée de façon régulière, produit des améliorations physiologiques qui auront des effets bénéfiques sur la santé et l’autonomie fonctionnelle à tout âge. Il est donc possible d’ajouter de la vie aux années et des années à la vie! Trop vieux pour l’exercice? Soyez-en convaincu, ce n’est qu’un mythe.

Auteur: Alain Portner