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16 juillet 2012

Le tatoueur de voitures

A Vuadens (FR) et dans toute l’Europe, Vincent Saudan pratique le pinstriping, art délicat de l’embellissement de carrosseries ou de casques.

Vincent Saudan, appuyé contre une Cox 69
Vincent Saudan: «J’aime l’Amérique des années 50-60. Musique, habit et Cox de 1969 que j’ai restaurée: je suis à fond dedans.»

Rencontrer le «pinstriper» Vincent Saudan revient à effectuer un joli saut spatio-temporel. Bye-bye Vuadens, où vit ce jeune homme de 26 ans, et welcome dans l’Amérique des années 50-60. «Musique, habits et bien sûr voiture puisque je roule avec une Cox 69 que j’ai restaurée: je suis à fond dedans», sourit le Gruérien. Si cet ébéniste de formation n’a pas choisi la mécanique, c’est justement pour ne pas ternir sa passion «par un boulot répétitif sur des machines modernes qui ne m’intéressent pas».

Tout le contraire du pinstriping, sorte d’art minutieux du tatouage sur carrosserie (ou casque) de voiture ou de moto, que Vincent Saudan pratique de plus en plus intensément, jusqu’à rêver d’en faire son activité principale.

J’ai commencé par apprendre en regardant des vidéos sur Youtube.

C’est au détour d’un meeting de vieilles Volkswagen il y a six ans que le jeune artisan découvre cet art difficile, mélange de sens artistique et de précision. «J’ai commencé par apprendre en regardant des vidéos sur Youtube. J’ai acheté mes premiers pinceaux et me suis lancé.»

Depuis lors, à force de courir les rassemblements dédiés, il se taille une jolie réputation dans le milieu de la customisation et autres hot rods, ces voitures américaines des fifties sévèrement transformées. «La plus grosse demande concerne les casques de moto et les véhicules de collection.»

Comme dans le monde de la pigmentation corporelle, le prix dépend davantage du projet que du temps passé. Et de la réputation de l’artiste, bien sûr. «Autant dire que je suis intéressant par rapport aux quelques professionnels qui en vivent», plaisante-t-il. Des maîtres du genre dont il a rencontré certains lors du récent European hot rod custom show de Chimay, manifestation belge connue loin à la ronde. Et comme le pinstriping gagne peu à peu la sous-culture du tuning japonais, sa passion ne risque pas de ternir. Tout comme ses courbes magiques.


Symbole de la culture hot rod, le "rat fink".
Symbole de la culture hot rod, le "rat fink".

Une œuvre dont je suis fier

Ce portrait du célèbre "rat fink". Un symbole de la culture hot rod. Je l'ai réalisé pour moi, sur une tôle en acier encadrée de bois. Et je trouve que je me suis pas mal débrouillé.


La clef de 13, avec laquelle on peut faire beaucoup de choses sur une vieille «cox».
La clef de 13, avec laquelle on peut faire beaucoup de choses sur une vieille «cox».

Mon outil préféré

La clef de 13. On peut faire beaucoup de choses sur une vieille «cox» avec ça. Et puis par clin d’œil, parce que je suis né un 13 août.


Le Coca, dont Vincent Saudan fait une très grande consommation.
Le Coca, dont Vincent Saudan fait une très grande consommation.

Ma boisson préférée

Le Coca. J’en bois beaucoup, un peu trop même sans doute…


La Californie et Los Angeles, temple de toute la culture qu'il aime. (Photo: istockphoto)
La Californie et Los Angeles, temple de toute la culture qu'il aime. (Photo: istockphoto)

Ma destination de rêve

La Californie et Los Angeles. Parce que c’est le temple de toute la culture que j’aime.


Deux écussons à l’enseigne de ses marques préférées.
Deux écussons à l’enseigne de ses marques préférées.

Ma passion

Le pinstriping offre de nombreuses possibilités. J’ai décoré ces deux écussons à l’enseigne de mes marques préférées.

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Christophe Chammartin