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14 janvier 2013

Leo Tardin, le musicien nomade

Il est le pianiste et leader du groupe Grand Pianoramax, trio aux sonorités hybrides. Rencontre avec le Genevois Leo Tardin, quelques heures avant son entrée sur la scène du Schiffbau à Zurich.

Leo Tardin
Leo Tardin: «Après neuf années de concerts en groupe, j’ai besoin maintenant d’une tournée de ma propre composition, avec des passages ouverts à l’improvisation.»

La musique et les voyages. Deux mots qui esquissent à merveille le parcours de Leo Tardin. La musique d’abord parce que c’est toute sa vie. «J’en suis boulimique, confesse le pianiste. A l’adolescence, j’ai commencé à bosser comme un fou au piano en prenant des cours chez Patrick Muller, mon voisin à Carouge (GE). Son talent, sa personnalité et ses idéaux m’ont donné envie de faire de cette passion mon métier.»

Et puis il y a les voyages. Car ces heures de travail acharné lui ont permis de décrocher une bourse à 20 ans pour étudier à la New School, prestigieuse université privée de New York.

Si Leo Tardin s’est pris d’amour pour le piano, c’est parce qu’il lui ressemble: «C’est un instrument sensuel et cérébral. Cela correspond bien à mon caractère de Gémeaux, avec ses facettes bien différentes. Je n’échangerais jamais ma place avec celle du chanteur! Je n’ai pas assez de charisme pour ça.»

Prochainement, le musicien bouclera une tournée qui l’a emmené aux quatre coins du globe avec son groupe Grand Pianoramax. Un trio «un peu bizarre», comme il l’avoue lui-même, formé d’un batteur rock zurichois, d’un chanteur américain aux influences hip-hop et de son propre accompagnement piano, aux sonorités hybrides entre jazz et classique. Un nouvel album, Til There’s Nothing Left, sera disponible dès avril 2013.

Le projet suivant, Leo Tardin le mènera seul. Une tournée, en solo, avec les avantages que cela comporte: «Une organisation moins lourde et surtout davantage de place pour mettre en avant ma propre sensibilité! Le pianiste doit trop souvent rester en retrait par rapport à la voix du chanteur. Après neuf années de concerts en groupe, j’ai besoin maintenant d’une tournée de ma propre composition, avec des passages ouverts à l’improvisation.» A découvrir dans la cour du Musée d’art et d’histoire de Genève, lors de la Fête de la musique.


Leo Tardin adore Lisbonne, ville dont il a ramené un pavé.
Leo Tardin adore Lisbonne, ville dont il a ramené un pavé.

Une ville

«Lisbonne! J’en ai même ramené un pavé! Quand je déambule dans le vieux quartier du centre, je me sens comme ivre. J’adore sa lumière, le métissage de sa population et son atmosphère mélancolique. On a l’impression d’être de retour dans l’Europe d’autrefois.»


Sur une île déserte, Leo Tardin emporterait «Elis et Tom».
Sur une île déserte, Leo Tardin emporterait «Elis et Tom».

Un album

«Si je devais n’emporter qu’un disque sur une île déserte, ce serait «Elis et Tom». C’est un duo, voix et piano, avec Elis Regina et Tom Jobim. Un album très dépouillé, qui va à l’essentiel. Il y a beaucoup d’inspiration à tirer de ses chansons!»


Leo Tardin: «Mon passeport est mon plus fidèle compagnon.»
Leo Tardin: «Mon passeport est mon plus fidèle compagnon.»

Un objet

«Mon passeport est mon plus fidèle compagnon. Je l’ai toujours sur moi puisque je suis très souvent sur la route. Il me rappelle mes voyages, avec les soucis de visas qui vont avec! Mais aussi mon identité suisse, qu’on considère forcément d’une autre manière après dix ans de vie à New York.»


Le synthé est de partie lors de toutes les tournées de Leo Tardin.
Le synthé est de partie lors de toutes les tournées de Leo Tardin.

Un instrument

«Mon synthé était de la partie lors de toutes mes tournées, de la République tchèque aux Etats-Unis, en passant par l’Inde ou la Turquie. Il a juste la bonne taille pour se glisser dans mon bagage à main. Ce qui implique malheureusement de longs contrôles de sécurité à l’aéroport…»


«Un bon livre est bien plus efficace que tout autre média pour activer notre imagination!»
«Un bon livre est bien plus efficace que tout autre média pour activer notre imagination!»

Un loisir

«Nous passons aujourd’hui tout notre temps scotchés aux écrans: Facebook, YouTube, WhatsApp… Même si j’ai l’habitude de lire le journal sur internet, j’aime parfois me plonger dans un bon livre. Bien plus efficace que tout autre média pour activer notre imagination!»

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Ornella Cacace