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5 novembre 2012

Les autres vies des bouteilles en PET

Saviez-vous en quoi peut se réincarner une bouteille PET?

croquis d'un skieur
Le PET 
reprend souffle 
en habits 
de sport ou en piquets 
à neige.

Ils sont orange pétant: les employés des voiries sont en train de les planter au bord des routes. Qui croirait que ces piquets à neige sont en fait le fruit du mariage improbable entre un litre de Coca et une bouteille de jus d’orange? Si, si, le PET recèle des ressources insoupçonnées. Trier les bouteilles de cette substance plastique, ça n’est pas pour des prunes… mais pour des pavés de gazon synthétique, des dalles ou des gendarmes couchés, ou même des bacs à fleurs qui concurrencent allégrement leurs cousins en béton.

Et en matière de réincarnation, les bouteilles de soda ou d’eau pétillante ont une bonne réserve de vies potentielles. Jusqu’à devenir bancs et tables de parc public, barrières de jardin qu’on n’a pas besoin de repeindre, mur anti-bruit ou sols un brin élastiques qui amortissent les chutes des casse-cou en culottes courtes sur les places de jeu.

L’adage «rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme» est bien d’actualité dans cette efficace filière de recyclage.

Pour le PET, le taux de récupération atteint les 80% chez nous. Bien plus que la loi ne le demande. C’est que la Suisse, reine du propre, peut se vanter du titre de championne toutes catégories du recyclage. Loin devant l’Allemagne ou la France. Elle pèse un milliard deux cents millions de bouteilles collectées. Ça en fait des piquets à neige. Mais pas seulement. Traitées avec tous les égards qui ménagent la matière, ces vieilles bouteilles peuvent même ressusciter en nouvelles bibines, revivre en gobelets de yogourts et barquettes de beurre. Ou même reprendre souffle en fibres de vêtements de sport!

D’ailleurs, le recyclage est bien à la mode jusque dans les fringues. Très marketing aussi. Ramener ses vieux habits, dans certaines enseignes, ça rapporte… de quoi s’en acheter d’autres. Ou en tout cas des bouts de manche. Dans certains magasins de chaussures aussi, rendre ses vieilles grolles adoucit la facture d’achat pour les nouvelles.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck