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31 décembre 2012

Les bonnes résolutions? C’est juré, cette fois je les tiens!

Elles sont aussi incontournables que la dinde à Noël. Pourtant, on ne parvient que rarement à les honorer. «Migros Magazine» a demandé à dix personnalités de raconter leur rapport avec les bonnes résolutions de début d’année.

Hélène Becquelin
En 2013, Hélène Becquelin, dessinatrice, a décidé de trier dans ses déchets et dans sa vie. (Photo: Mathieu Rod)

«On ne les tient jamais, mais elles sont aussi incontournables que la guirlande sur le sapin de Noël. Les bonnes résolutions font depuis belle lurette partie du rituel de passage d’une année à l’autre. Quel fumeur n’a pas écrasé sa cigarette le 31 décembre à minuit, jurant de ne jamais recommencer, pour craquer quelques jours plus tard? Qui n’a pas annoncé que, «cette fois, ça suffit, l’année prochaine je fais du sport», sans jamais mettre les pieds dans une salle de fitness? Autant de promesses qui, si elles s’avèrent souvent vaines, ont pourtant un sens: devenir meilleur.

La tradition remonterait au temps des Babyloniens qui, à l’approche de l’an nouveau, faisaient déjà le vœu de s’améliorer. A l’époque, les ambitions étaient toutefois loin des préoccupations actuelles: on s’efforçait, semble-t-il, de rendre le matériel agricole emprunté... Les religions juive, chrétienne ou musulmane ont elles aussi repris le concept, chacune préconisant à ses fidèles de faire mieux l’année suivante.

Les bonnes résolutions, ça se travaille

Si seulement 22% d’entre nous tiennent leurs bonnes résolutions, selon le résultat d’une étude menée sur 700 personnes par le professeur de psychologie Richard Wiseman et publiée en 2008 dans le quotidien anglaisThe Guardian, la raison est simple: les objectifs fixés sont trop souvent irréalistes et le fait de décisions prises sous le coup de l’impulsivité. Et puis il y a ceux et celles qui pensent que dire, c’est faire. «Il ne suffit pas de coller la photo d’un top-modèle sur son frigo pour perdre du poids», avertit Richard Wiseman.

Ne surtout pas placer la barre trop haut

Psychologue et psychothérapeute, le Genevois Daniel Alhadeff confirme que lorsque l’aventure se solde par un échec, c’est souvent parce que la barre a été placée trop haut. «S’il est sain de se remettre en question, rien ne sert de se mettre la pression», prévient-il. Son truc: la politique des petits pas. En se fixant, par exemple, comme objectif de commencer à perdre un kilo, puis un deuxième et ainsi de suite. «C’est une façon de s’entraîner, de transformer le cercle d’ordinaire vicieux en cercle vertueux.» Autre conseil pour de bonnes résolutions réussies: n’en prendre qu’une seule et se fixer un cadre auquel se raccrocher en cas de perte de motivation: «On peut par exemple commencer un sport à plusieurs.»

Mal anticipées, les bonnes résolutions s’avèrent plus déprimantes que stimulantes. Les seuls à tirer leur épingle du jeu sont ainsi ceux qui ont décidé de privilégier le plaisir. Manger davantage de chocolat, profiter de la vie, voilà la recette du succès. En ferez-vous de même? En attendant, Migros Magazine a demandé à dix personnalités suisses ce qu’elles pensent de ce rituel annuel.



En 2013, Alain Morisod veut perdre 15 kilos.(Photo: RTS Médias)
En 2013, Alain Morisod veut perdre 15 kilos. (Photo: RTS Médias)

Alain Morisod, musicien

«Perdre 15 kilos!»

«Ce début d’année, je dois me faire opérer d’un genou. C’est une intervention que je repousse depuis longtemps, mais cette fois je ne peux pas y couper. Il faudra aussi que je perde du poids, même si dès que vous maigrissez, vous avez l’air moins sympa. Mon objectif: perdre 15 kilos! Mon truc? Rien de révolutionnaire, manger moins et privilégier les grillades et les salades.»



En 2013, Vera Weber veut être plus efficace et combative. (Photo: Luca Zanoni/pixsil)
En 2013, Vera Weber veut être plus efficace et combative. (Photo: Luca Zanoni/pixsil)

Vera Weber, vice-présidente de la Fondation Franz Weber

«Etre plus efficace et combative»

«Généralement, je ne prends jamais de bonnes résolutions pour le nouvel an, mais cette année – une fois n’est pas coutume – j’ai décidé d’écouter les bons conseils de mes amis et d’accorder en 2013 plus de temps à ma vie privée, de me créer des plages, de libérer du travail des soirées et week-ends. Seulement, s’ajoute à cette très bonne et nécessaire résolution une autre, tout aussi importante: en 2013, je veux être plus efficace, plus combattante, travailler plus et mieux. Le dilemme… ou peut-être pas.



En 2013, Xenia Tchoumitcheva veut passer plus de temps avec ses proches.(Photo: Thomas Buchwalder für Schweizer Illustrierte)
En 2013, Xenia Tchoumitcheva veut passer plus de temps avec ses proches. (Photo: Thomas Buchwalder für Schweizer Illustrierte)

Xenia Tchoumitcheva, mannequin

«Passer un jour par semaine avec mes proches»

«J’aime l’idée des bonnes résolutions de début d’année, car cela permet de fixer ses priorités et de se rappeler ce qui est vraiment essentiel. Comme je cours beaucoup tout au long de l’année, j’ai pris comme résolution d’apprendre à mieux me connaître ainsi que mes proches. L’idéal serait d’arriver à passer un jour par semaine avec eux! D’autres résolutions? Lire deux livres par mois et dormir davantage.»



En 2013, Jean-Marc Richard veut faire le point chaque jour. (Photo: Loan Nguyen)
En 2013, Jean-Marc Richard veut faire le point chaque jour. (Photo: Loan Nguyen)

Jean-Marc Richard, animateur

«Je m’oblige à faire le point tous les jours»

«Des bonnes résolutions? Je n’en prends pas, et surtout pas à ce moment-là. Pour moi, c’est un peu comme lorsque l’on s’occupe des déshérités juste avant les fêtes. Et puis, en général, ce sont des décisions que l’on ne tient pas. Moi, je m’oblige à faire le point tous les jours, et je préfère prendre des décisions en fonction des circonstances. Car le danger, c’est que vos bonnes résolutions se transforment en oreiller de paresse: on se dit qu’on a fait le point, alors qu’au fond les décisions prises ce jour-là ne sont pas celles qui vont nous faire réellement évoluer.»



En 2013, Darius Rochebin veut résister à l'à-quoi-bonisme. (Photo: Thierry Parel)
En 2013, Darius Rochebin veut résister à l'à-quoi-bonisme. (Photo: Thierry Parel)

Darius Rochebin, journaliste à la RTS

«Résister à l’à-quoi-bonisme»

«J’ai des tas de résolutions pour l’année prochaine! Marcher davantage pour garder la forme, faire le check-up que je retarde, être encore plus affectueux avec ceux que j’aime, dégager une heure par jour pour lire ou relire les classiques. Et aussi résister à «l’à-quoi-bonisme?» qui menace avec l’âge. Napoléon disait que son modèle était Turenne, le seul militaire dont l’audace ait augmenté avec les années. Avec le temps, on a tendance à s’en tenir aux acquis, à prendre moins de risques. Ça doit être le contraire!»



En 2013, Bastian Baker veut dormir davantage.(Photo: François Wavre/rezo)
En 2013, Bastian Baker veut dormir davantage. (Photo: François Wavre/rezo)

Bastian Baker, chanteur

«Dormir un peu plus!»

«Je n’en ai jamais pris, mais pourquoi ne pas essayer cette année? Ma première bonne résolution, ce serait de commencer à en prendre! Sans rire, j’admire ceux qui le font et qui s’y tiennent. C’est le cas de mon grand-père, qui a décidé d’arrêter de fumer il y a huit ans et qui n’a jamais recommencé. Je lui tire mon chapeau! De mon côté, j’ai vécu une année 2012 tellement intense que tout ce que je peux espérer, c’est de poursuivre sur cette voie l’année prochaine. Peut-être en dormant un peu plus et en passant davantage de temps avec ma famille. Ça, ce serait génial.»

Auteur: Viviane Menétrey