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24 juin 2013

Les chevaux canadiens mieux protégés

Migros s'approvisionne en viande de cheval auprès d'une exploitation située en Alberta. Les efforts du distributeur vont permettre d'y améliorer la détention des animaux de manière significative.

Un élevage de chevaux.
Sur l’exploitation Bouvry Farm, un nouvel espace offrira plus de place aux chevaux
et sera pourvu de toits pour protéger les animaux de la pluie et de la neige.

Note de la rédaction du 9 juin 2014: étant donné que la ferme Bouvry n'a pas pu répondre aux exigences de Migros en matière de bien-être animal, Migros stoppe l'importation de viande de cheval canadienne.

L’exploitation Bouvry Farm, qui compte parmi les premiers producteurs de viande chevaline au monde, se trouve au pied des Montagnes-Rocheuses, au sud de la province canadienne d’Alberta. Les chevaux, achetés au Canada et aux Etats-Unis, y sont détenus environ six mois avant d’être abattus. La vaste ferme produit elle-même l’orge et le foin destinés aux animaux.

Les conditions climatiques sont par ailleurs favorables à la détention de chevaux: le site est situé à 1000 mètres d’altitude, les oscillations de températures ne sont pas trop grandes, et les précipitations relativement faibles.

Au printemps dernier, l’émission alémanique Kassensturz et la Tierschutzbund Zürich (Association zurichoise de protection des animaux, TSB) ont dénoncé des abus dans le domaine de la production de viande chevaline importée d’Amérique du Nord et latine vers la Suisse. Le reportage faisait par exemple état de longs trajets de transport, qui épuisaient les bêtes, et un manque de protection sur les exploitations en cas d’intempéries. Ces critiques étaient entre autres adressées à l’exploitation Bouvry Farm.

En réaction à la diffusion de l’émission, plusieurs détaillants ont retiré partiellement ou totalement la viande de cheval de leur assortiment.

Migros a cependant choisi une autre voie: elle s’engage, avec les dirigeants de Bouvry Farm sur place, à améliorer le bien-être général des animaux. D’ici à l’automne 2013, la grande exploitation canadienne prendra une série de mesures en faveur des chevaux détenus puis abattus pour le compte de Migros.

Les chevaux ne passent plus par les marchés et les enchères

Les animaux seront désormais achetés et recueillis directement sur leur lieu de naissance, ce qui leur épargnera ainsi un passage par les marchés et les ventes aux enchères. La durée du transport ne devra pas excéder dix heures, une limite sévère étant donné les distances en Amérique du Nord.

En exclusivité pour Migros, une installation offrant plus d’espace pour chaque animal ainsi que des toits protégeant les bêtes de la pluie et de la neige sera créée sur le terrain de Bouvry Farm. Parmi les futures nouveautés, on comptera également la taille et le nettoyage régulier des sabots. Des organismes indépendants vérifieront que les nouvelles directives sont bien respectées.

L’ensemble du processus, de l’achat des animaux à l’abattage en passant par le transport et la détention, fera l’objet de contrôles rigoureux. Et grâce aux webcams installées sur l’exploitation Bouvry Farm, Migros pourra se faire une idée de la situation à tout moment.

Mais pourquoi ces mesures ne peuvent-elles pas être mises en place plus rapidement? «Ces adaptations architecturales sont coûteuses, explique Bernhard Kammer, expert en développement durable à Migros. Les travaux requièrent des permis de construire, et le nouvel espace nécessite des raccordements d’eau et d’électricité.»

L’importance indéniable qu’accorde l’exploitation au bien-être des animaux est confirmée par sa collaboration avec Temple Grandin, professeure à l’Université du Colorado en sciences animales et célèbre dans le monde entier pour son engagement en faveur des animaux. Cette scientifique se consacre entre autres à un projet visant à ériger des installations propices à une détention respectueuse des bêtes.

Le boycott des producteurs aurait été contre-productif

Que pense la TSB des adaptations mises en œuvre par Bouvry Farm? Sur le site internet de l’organisation, on salue les efforts de Migros. Mais en parallèle, le distributeur est critiqué pour ne pas avoir suspendu l’importation de viande de cheval canadienne jusqu’à la réalisation des améliorations.

«Cela aurait été contre-productif, rétorque Bernhard Kammer. Si nous voulons accroître le bien-être animal sur place, nous ne pouvons pas nous permettre de cesser les relations commerciales avec l’exploitation. Nous devons accompagner les producteurs pendant ce processus complexe.» En d’autres termes, il serait inutile de se détourner provisoirement de l’entreprise canadienne. Au contraire, Migros entend veiller, avec un engagement ferme, à ce que les chevaux soient détenus dans de meilleures conditions sur cette grande exploitation.

Auteur: Michael West