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2 novembre 2015

Les hipsters contre-attaquent

La chronique de Sandrine Viglino, humoriste.

Sandrine Viglino photo
Sandrine Viglino.

Alors que les «patins à roulettes» reprennent du terrain sur les rollers, que la «planche à roulettes» ringardise le skate, et que bientôt le vélomoteur reprendra l’avantage sur le scooter (sauf en Valais où le vélomoteur n’a jamais disparu), ça devait arriver: les barbus sont à nouveau à la mode! Je ne parle pas des «méchants» barbus (qui tchic-tchac tout ce qui n’est pas caché par une barbe ou une burqa), ni de la barbe bien taillée des Italiens (genre j’arrive même à dessiner une spirale sur ma joue), mais des mecs vintage: les hipsters.

Ceux qui ont la grosse barbe genre Mike Horn après un an en Amazonie. Mais il y a les vrais et les faux hipsters. Les faux sont ceux qui profitent de la mode et qui par paresse ne se rasent plus le matin. Le vrai hipster, c’est pas qu’il ne se rase pas, c’est qu’il se fait pousser la barbe. Il la surveille, la taille, c’est un boulot. Et le vrai hipster se laisse pousser la barbe, mais se rase partout ailleurs. Il a donc du poil où ça se voit, mais pas où ça se voit pas. Pas facile à vérifier dans la rue.

Les faux sont ceux qui par radinerie économisent sur les rasoirs. A ne pas confondre avec les écolos qui économisent l’eau du rasage pour laisser pousser un écosystème de poils afin de peupler leur barbe d’espèces microscopiques. Bref, y’a à boire et à manger dans les barbus.

Concentrons-nous sur les vrais hipsters, ceux qui n’ont pas un poil dans la main. Ceux dont la barbe donne cette impression de virilité. Ceux qui chouchoutent leur barbichette et leur look. Le vrai hipster est celui qui avec les vieux habits piqués à grand-papa est à la mode alors que ton mec avec les mêmes habits a l’air d’un grand-papa. Les hipsters ont repris du poil de la bête!

Mais si le barbu est devenu l’homme parfait, Bastian Baker serait-il donc imparfait? Après avoir lu cette chronique va-t-il décider d’aborder sa prochaine tournée déguisé en ZZ Top? Malheureusement, il va plutôt attendre d’avoir ses premiers poils, et pas de chance, la mode ne sera plus aux hipsters.

Les hipsters sont parmi nous. Il faut se rendre à l’évidence. T’en rases un, il en apparaîtra un autre. Un peu comme avec les zombies, si l’on rentre en contact avec eux, c’est toute une destinée qui est chamboulée. Les hipsters, un mouvement à poils...

Texte © Migros Magazine – Sandrine Viglino

Auteur: Sandrine Viglino