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30 mars 2013

Les jardiniers amateurs dans le collimateur!

Trop nombreuses sont les personnes en Suisse qui usent et abusent de produits chimiques et toxiques pour obtenir la plus belle pelouse ou les plus grosses salades du quartier. Une campagne nationale a été lancée afin de les informer et sensibiliser.

jardin
Les particuliers polluent par méconnaissance, mais aussi parce que le recours aux produits phytosanitaires de synthèse est courant et banalisé. (Illustration: Olivia Aloisi)

Au retour du printemps, les jardiniers du dimanche sont sortis de leur hibernation, un grand sourire aux lèvres. Depuis, armés de leurs binettes et de leurs râteaux, ils s’adonnent à leur folle passion: la tonte du gazon et la culture des légumes et fruits de saison. Pourtant, contrairement à ce que laisse penser cette vision bucolique, jardiner en dilettante n’est pas une activité toujours innocente… Elle peut même s’avérer franchement nuisible pour l’environnement!

Généralement, le jardinier amateur possède chez lui une gamme de produits plus ou moins toxiques; dans certains cas, on peut même parler d’un véritable arsenal chimique.

C’est le constat inquiétant, pour ne pas dire alarmant, que dresse Jean-Pierre Pralong, le coordinateur romand de la campagne nationale «Favorisez la nature» lancée par la Fondation suisse pour la pratique environnementale (Pusch).

Soutenue par la Confédération et les cantons, cette action a pour but de sensibiliser le grand public à un usage responsable de ces substances toxiques et à leur élimination adéquate. Parce que aujourd’hui, les cultivateurs des villes épandent et répandent sur leurs plates-bandes des litres et des litres de poisons en tous genres: herbicides, insecticides, fongicides et autres acaricides. Saint Fiacre, leur saint patron, doit se retourner dans sa tombe!

Jean-Pierre Pralong, le coordinateur romand de la campagne nationale «Favorisez la nature». (Photo: LDD)
Jean-Pierre Pralong, le coordinateur romand de la campagne nationale «Favorisez la nature». (Photo: LDD)

En fait, dans notre pays, ce sont plus de 2000 tonnes de ces biocides qui sont utilisées chaque année en zones urbaines, soit une quantité équivalente à celle employée dans… l’agriculture. Un cocktail nocif qui contamine nappes phréatiques et cours d’eau, qui fait courir des risques aux milieux naturels et à notre santé. Jean-Pierre Pralong:

D’infimes quantités de produits chimiques peuvent causer de gros dégâts, se retrouver dans la chaîne alimentaire et remonter jusqu’à nous.

Le hic dans cette histoire, c’est que les particuliers sont un peu comme le cycliste Richard Virenque: ils polluent à l’insu de leur plein gré, c’est-à-dire sans en avoir conscience. Par méconnaissance bien sûr (les professionnels, eux, sont censés maîtriser cette matière sur le bout de leurs doigts verts!), mais aussi parce que le recours aux produits phytosanitaires de synthèse est courant et totalement banalisé.

Alors, à quand des cours obligatoires pour les jardiniers du dimanche avec un permis de jardiner à la clé? Selon le coordinateur romand de la campagne «Favorisez la nature», ce n’est pas la solution: «Faire changer les habitudes, montrer par l’exemple qu’il est possible de faire autrement et mieux pour le porte-monnaie comme pour l’environnement, voilà ce qu’il convient de faire. Je préfère convaincre plutôt que contraindre.»

Mettre en avant les alternatives

Outre inciter les gens à utiliser de façon plus mesurée et ciblée ces toxiques, notre interlocuteur prêche pour un art du jardinage proche de la nature. «Des solutions alternatives existent et elles sont efficaces», relève-t-il avant d’ajouter: «Un travail en amont au niveau des produits et de leur réglementation est aussi fondamental.» De manière à pouvoir proposer à l’avenir aux consommateurs de plus en plus de substances respectueuses de l’environnement.

«Jamais dans les égouts ou les toilettes!»

Convaincus? Alors, il ne vous reste plus qu’à rejoindre les rangs de plus en plus serrés des jardiniers amateurs qui renoncent à la chimie et à vous débarrasser fissa de votre «artillerie lourde» via un centre de collecte officiel ou votre détaillant! «Donc, en résumé, jamais dans les égouts ou les toilettes, c’est pire que tout», conclut Jean-Pierre Pralong.

Auteur: Alain Portner