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30 juin 2014

Les mélomanes lui disent merci

Directeur de l’Opéra de Lausanne, Eric Vigié est aussi à la tête du festival d’art lyrique d’Avenches où il signe cette année la mise en scène de «Carmen».

Eric Vigié
Eric Vigié, directeur de l’Opéra de Lausanne et à la tête du festival d’art lyrique d’Avenches.

1979. Scala de Milan. Un choc. Eric Vigié, à l’époque étudiant au Conservatoire de Nice,
entend «Lohengrin» de Wagner. Au terme de la représentation, le jeune homme sait alors que le monde de l’opéra est fait pour lui. A son cursus musical initial en France et aux Etats-Unis, il ajoute une formation de décorateur et de costumier, s’imprègne du génie du metteur en scène Pet Halmen et fait le tour des principales maisons européennes, en gravissant à chaque étape les échelons.

A Lausanne , où il a posé ses valises il y a dix ans en tant que directeur, il souhaite avant tout faire vivre les musiciens, les chanteurs et les techniciens qui résident dans la région, proposer au public les stars de la génération de demain et, surtout, démocratiser l’opéra. Pour cela, il a mis en place un programme de médiation culturelle qui accueille mille enfants par saison et n’hésite pas, avec «La route lyrique», à proposer tous les deux ans un opéra hors des murs. A Avenches , Eric Vigié mène exactement le même combat: «Je revendique le caractère populaire du festival. Ici, on peut pique-niquer sur les gradins avant le spectacle.» Cependant, populaire ne veut pas dire bas de gamme, surtout avec Eric Vigié. Qui sait se montrer intransigeant avec ses chanteurs.

Une journée avec Eric Vigié

9 h: Affaires courantes

9 h: Affaires courantes
«Etre directeur de l’Opéra de Lausanne, c’est aussi, à côté de l’aspect créatif et musical, superviser de nombreux dossiers administratifs: contrats, budgets, publicité, etc.»

10 h: Nouvelle saison

10 h: Nouvelle saison
«La prochaine saison de l’Opéra de Lausanne comptera deux créations mondiales, dont «Le petit prince». L’œuvre qui s’inspire du texte de Saint-Exupéry s’inscrit dans ma volonté de proposer des spectacles à un jeune public. Bien sûr, ce texte est si riche qu’il s’adresse à tous les enfants – qu’ils aient 7 ou 77 ans.»

13 h 30: Dans les arènes
«A Avenches, nous sommes en train de terminer le décor de «Carmen». J’ai transposé
l’action dans les années 1960, une époque neutre, un peu flottante, entre la fin de Franco et le début de la «Movida». J’ai aussi renoncé à toutes les espagnolades classiques. Seule Carmen portera un robe sévillane.»

14 h: Un travail d’équipe

14 h: Un travail d’équipe
«Avec mon assistant Jean-Philippe Guilois, nous passons en revue le 1er acte de «Carmen». Nous nous occupons actuellement de la géométrie de la mise en scène, soit de l’emplacement de chacun des intervenants. Le travail sur la psychologie des personnages viendra dans un
second temps.»

15 h: Première répétition

15 h: Première répétition
«Avant les répétitions en plateau, j’ai fait venir dans le château d’Avenches tous les solistes pour poser les voix. Je suis très heureux d’accueillir cette année Béatrice Uria-Monzon. Cette mezzo-soprano a déjà interprété le rôle de Carmen sur les plus grandes scènes de la planète.»

19 h: Sur scène avec les enfants

19 h: Sur scène avec les enfants
«Avec la vingtaine d’enfants du chœur des Marmousets de Fribourg, nous répétons sur le plateau d’Avenches leurs deux entrées et leurs deux sorties. Ces jeunes sont des habitués puisqu’ils ont déjà chanté dans «La Bohème», en 2012.»

20 h 30: Opéra pour tous

20 h 30: Opéra pour tous
«Tous les deux ans, je propose avec la «Route lyrique» le plus grand projet d’opéra décentralisé de Suisse. Durant six semaines, une équipe d’une cinquantaine de personnes sillonne ainsi une partie de la Suisse romande et de la France voisine. Pour l’édition 2014, nous jouons jusqu’au 11 juillet «Phi-Phi», une opérette terriblement efficace.»

23 h 30: Plans sur la comète

23 h 30: Plans sur la comète
«Actuellement, nous travaillons déjà sur la saison 2016-2017 de l’Opéra de Lausanne.
Chez moi, lorsque le temps me le permet, j’aime imaginer de futures mises en scène en peignant des décors à la gouache.»

© Migros Magazine – Pierre Wuthrich

Auteur: Pierre Wuthrich

Photographe: Jeremy Bierer